dimanche 12 avril 2015

Jérôme.




Jérôme était vendeur de téléphone lorsque je l'ai rencontré. Ma grand mère souhaitait s'équiper d'un mobile et avait besoin de mes conseils avisés pour le choisir. La rencontre elle même n'a pas été significative pour moi car la présence de ma grand mère interdisait à Jérôme de montrer quoi que ce soit. Ma première impression en le voyant : il avait l'air d'un ancien surfeur, le teint doré de ceux qui vivent prés de l'eau, un sourire carnassier, et un regard bleu gris très clair donnant à son visage une lumière solaire. Il portait un tee shirt bien ajusté de couleur azur qui participait à lui donner un air estival. Je ne me serais pas douté qu'il se servirait de mon numéro de téléphone pour autre chose que l'aspect professionnel. Pourtant lorsqu'il m'appelle, je me souviens très bien de lui et j'accepte le rendez vous qu'il me propose. Je ne sais pas quel age il a, plus âgé que la plupart de mes conquêtes c'est sûr; plutôt l'âge d'être mon père( j'espère que non). L'idée me dérange et je préfère ne pas y penser.


Lors de notre premier rendez-vous, tout se passe bien. Il vient me chercher dans sa belle voiture grise et on prend la direction des beaux quartiers de Paris. On se promène sur les quais de la Seine, on s'embrasse, je lui raconte une de mes histoires (celle de l'île en plastique). On déjeune une salade en terrasse, on se câline, on rigole. En remontant dans la voiture, la conversation tourne autour du sexe, pourquoi attendre? Il me parle de ces filles qui allument et n'assument pas les conséquences de leurs actes, je le comprends car à cet instant je pense que c'est quelque chose de vraiment déterminant dans une relation, autant être fixés tout de suite et savoir si on se correspond. Sans être à la recherche d'une relation dite « sérieuse »  j'aimerai bien trouver un peu de stabilité, mais si la mayonnaise affective ne monte pas des deux cotés, ça reste amical et physique. Je pense être au clair avec moi même. Le feeling passe bien entre nous. On prend la direction de son appartement et après une petite visite, on fume un joint et on commence les choses sérieuses. Il aime les fellations, il a un très beau sexe, agréable à prendre en bouche, son plaisir apparent décuple mon appétit. Il promène sa main dans ma culotte, trouve vite son chemin et tente de me déstabiliser sans grand succès. Lorsqu'il enfile sa capote, il me sourit comme un diable, presque en ricanant, m'attrape par les hanches et me rapproche de lui. À cet instant j'ai limite un peu peur, mais je crois que c'est ce qui m'excite. Il me pénètre franchement en tenant son sexe, en regardant ce qu'il fait, il est concentré. Je me laisse aller à la sensation d'être remplie et me surprends à penser que pour une fois je trouve un mec qui n'a pas peur d'y aller. Cette idée me réjouit car il est vrai que je me lasse assez vite lorsque les gestes sont hésitants, retenus...
Il rentre entièrement en poussant un peu pour voir l'effet que ça me fait, je me tortille en gémissant, ce qui l'encourage et reprendre son geste encore et encore jusqu'à se que je manifeste que c'est trop pour moi. Il me met à quatre pattes et me prend en levrette. Au rythme qu'il soutient, je sais que cela ne durera pas très longtemps encore. J'essaye de me cambrer, de sentir mes cheveux balayer mes reins quand ses mains m'emboitent les seins et m'impriment la cadence. Les choses sont posées, cela s'annonce comme une histoire de cul sans baratin, son audace me surprend tellement que je considère à cet instant qu'il y aura d'autres occasions pour mon plaisir et me dis que c'est flatteur de produire autant d'effet.

Lorsque nous décidons de nous revoir quelques jours plus tard, il me laisse sur ma faim encore une fois et je ne sais plus quelle remarque me fait éclater en sanglots dans la salle de bain. Lorsque je réapparais, il me lance que c'est à cause de ce genres d'histoires qu'il ne sort plus avec des « trop jeunes ». Autrement dit, il considère ma réaction comme immature. J'ai envie de rentrer chez moi mais il me dit qu'il a trop fumé pour conduire et comme il n'y a plus de transport, je rentrerai demain. J'enrage mais j'ai toujours cette palpitation au creux de mon ventre qui ne demande qu'à pouvoir exploser. Sans dire un mot je m'installe sur le canapé au milieu du salon et me saisis un tube de crème d'une physionomie acceptable. J'entame de l'installer derrière, là où il n'est pas encore aller, et me place à califourchon sur les coussins où je peux me frotter aisément. Très vite la sensation prend le pas sur la gène et je sent le plaisir monter. Je sais qu'il me regarde et au fond de moi j'espère lui faire comprendre comment faire. Le spectacle lui a manifestement beaucoup plu. Pendant la nuit il se montre plutôt câlin, et au petit matin, alors qu'il cherche à se rapprocher je me dis que c'est peu être l'occasion pour lui de se rattraper. Mais cette fois comme les autres, il n'essaye même pas, comme si mon plaisir ne comptait pas. Je suis soulagée de rentrer chez moi, je ne pense pas y donner suite.




Pourtant quelques temps après, il me propose de sortir un soir. Il a une amie à me présenter, il espère qu'elle va me plaire et que le contexte nous permettra de nous « lâcher ». L'idée m'amuse et la curiosité répond pour moi. Ce fut une soirée sympathique et amicale mais rien de plus. Les blagues salaces de Jérôme n'auront pas suffi à nous mettre dans l'ambiance. Jérôme a un humour très misogyne, il s'amuse à tourner les « femmes » en dérision, il semble croire qu'elles aiment être dominées. Il lui arrive de dire des choses surprenantes pendants nos ébats. Un jour tandis que je suis allongée sur le ventre, il tape avec son sexe sur mes fesses avant de me dire «  Je vais t'empaler comme un papillon ». L'image d'un papillon épinglé et encadré m'évoque aussitôt quelque chose d'à la fois beaux et morbide, je suis flattée d'être comparée à une si belle créature mais je pense aussitôt à un collectionneur qui sacrifie l'insecte pour le garder comme un trophée. Une autre fois, il soulève mon bassin pour me rapprocher de lui en insinuant son sexe vers l'orifice le plus bas, il me dit « viens voir papa ». J'étais horrifiée à l'idée qu'il soit sérieux, sachant que ses filles étaient deux superbes jumelles de quinze ans. Une autre fois à genoux sur mon canapé, il n'a pas jugé crédible le « non » que j'ai prononcé alors qu'il tentait à nouveau de rentrer derrière; cela l'a même excité semble t-il puisqu'il est rentré d'un geste franc sans somation avec une telle vigueur qu'il parvint à m'extirper un gémissement de douleur. Le débat que je mène seule n'aboutit pas à faire reconnaître que si mon corps à un souvenir agréable, il sera plus enclin à s'offrir sans résistance. J'essaye de faire entendre que aimer faire l'amour, ce n'est pas aimer être frustrée, bien au contraire, mais cela ne l'intéresse pas semble-il.

Puis un jour, il m'envoie un message en me disant qu'il a un cadeau pour moi. Quelle ne fût pas ma surprise de découvrir qu'il disait vrai. Le cadeau : un modeste mais pas moins efficace pénis en silicone rose translucide muni d'une ventouse à la base, dans son emballage. Les reliefs réalistes me donnent instantanément envie de l'essayer mais j'attends sagement d'être seule chez moi pour m'en servir. L'exploration de l'objet est telle que je laisse mon ami sans nouvelles pendant un long moment. Quelques jours plus tard, lorsqu'il m'écrit à nouveau, je lui répond que son cadeau me comble suffisamment et qu'il est plus efficace que lui. Je n'ai plus de nouvelles, je l'imagine en rester là, probablement blessé dans son orgueil, mais c'était sans compter sur son imagination débordante et son culot démesuré. Les jours filent et alors que je ne m'y attend plus du tout, il me propose un autre cadeau qu'il a fait livrer chez lui, il me propose de venir me chercher et de m'expliquer dans la voiture. Encore une fois, la curiosité l'emporte et me voilà partie vers je ne sais quoi qui m'émoustille complètement.
Dans la voiture, il inspecte ma tenue d'un air coquin et tandis que nous prenons la direction de son appartement, il entreprend de m'expliquer ce qu'il se trame. Je me souviens encore de mon rire suraigüe lorsqu'il m'annonce qu'il m'offre un modèle vivant de la plus grosse bite qu'il connaisse.
Comment réagir autrement, j'étais stupéfaite et aussi nerveuse que enthousiaste.
« Qui est ce ?» lui demandais-je.
« Tu ne le connais pas »
« d'accord, mais comment il est? Qu'est ce qu'il fait? » 
« il travail au restaurant du centre commercial, c'est un grand brun avec une queue énorme, gigantesque... » dit-il en appuyant sur chaque syllabes.
Je ravale ma salive, sans savoir quoi dire.
Je souriais nerveusement en secouant la tête.
« ça te dis de le rencontrer au moins? »
« oui, oui le rencontrer... » dis-je en soupirant,
Ma respiration était trop lourde de sous entendus pour qu'il ne comprenne pas l'état dans lequel la situation me mettait, cela nous fait rigoler mais réalisant ce vers quoi je vais, je lui demande comment cela va se dérouler. J'exprime quelques conditions comme l'importance d'entendre un vrai non...il me rassure en me répétant «  mais oui , tu verras... » mais le fou rire permanent qui s'est engagé depuis le début de la conversation me laisse douter d'un brin d'ironie qui n'est pas sans m'effrayer légèrement.

Nous arrivons enfin. Il me dit de me mettre à l'aise et revient avec une nuisette en plumetis, à sa fille probablement mais à ma taille. Je pouffe de rire prétextant de ne pas m'être préparée en précisant que mon épilation n'est pas toute fraiche. Il me propose alors de me doucher, le temps de prendre des nouvelles de son ami. Il me donne tout ce dont j'ai besoin serviette, rasoir, savon et m'observe me laver le téléphone à l'oreille, il me caresse les cuisses, tandis que j'essaye, imperturbable, de ne pas me couper. Je me retrouve donc en petite tenue transparente sur le canapé. Jérôme un peu impatient me propose de rouler un joint, je m'exécute gentiment. Son ami tarde à le rappeler mais lorsque le téléphone sonne enfin Jérôme répond sans ménagement « mais gare toi et viens à pied, je m'en fou moi, elle est là, elle t'attend mec... » un long silence puis il raccroche.« OK il est en bas depuis un quart d'heure. » Il doit avoir la pression me dis je intérieurement.

On sonne à la porte, un grand type à l'allure d'un rugbyman entre dans l'embrasure un peu vouté, il a l'air timide. Au bout de ses grands bras, pendouillent une série de sacs pleins de choses à manger ou à boire. Il les brandit devant lui en s'excusant de son retard, l'air épuisé. Jérôme l'accueille d'un geste amical et me présente. Depuis le canapé, je m'avance avec ma nuisette et mon joint à la main, il a du penser que j'étais très décontractée et il faut bien avouer que dans ce genre de circonstances, je n'ai pas froid aux yeux. Je viens lui faire la bise mais le premier contact est un peu crispé. Jérôme file en cuisine pour nous laisser faire connaissance. Le jeune homme a du mal à se mettre dans l'ambiance, allons y doucement, je me sent investie de la mission de le mettre à l'aise. Nous commençons à discuter de tout et de rien. A cet instant je constate que même lorsque les choses sont convenues clairement à l'avance, en l'occurrence il venait pour une partie de jambe en l'air, ça ne paraît pas si évident de se jeter à l'eau; comme s'il fallait d'abord se rencontrer normalement comme on l'aurait fait dans un bar, avant de passer à l'action. Lorsque Jérôme revient avec des verres pleins, nous sommes en train de dire que c'est une situation pour le moins incongru, tout du moins pour moi. « pour moi aussi, je précise » me répond il en espérant surement me faire bonne impression. « Incongru », ce mot est revenu tout au long de la soirée, tant et si bien qu'un la fin nous le disions tous en cœur avant de partir en fou rire collectif.

Jérôme contrairement à son ami, est parfaitement à son aise, il lance un film du cul avant de tendre la boite de matos à notre invité. « ha? Tu veux que je roule? » demande t'il avant de commencer à fouiller dans la boite. Pendant ce temps, j'essaye de me rapprocher de lui mais il semble tellement mal à l'aise que je n'ose pas trop insister. Jérôme me montre un petit paquet en souriant et me dit qu'il a une surprise pour moi. « Encore une surprise? » je me demande ce que ça peut être vu la taille minuscule du paquet. Je déballe les yeux pétillants comme une gamine à son anniversaire, et je découvre...un anneau vibrant. Quelle brillante idée, « là c'est vraiment mon anniversaire » Je reste là, avec l'anneau au bout des doigts . « Tu ne veux pas l'essayer? » me demande Jérôme.« Si, mais là, comme ça, devant tout le monde, ça me gêne un peu, tu ne veux pas m'aider toi? »


Jérôme me prend l'objet des mains d'un air désabusé. Il fait une remarque en marmonnant dans sa barbe quelques chose au sujet de la paresse des femmes. Il passe sa langue sur la partie texturée de l'objet en me regardant et pousse le petit bouton pour l'allumer sans me quitter des yeux. Il s'approche un peu de moi et écarte avec délicatesse le fin sous vêtement qui me couvrait à peine. Semi allongée, haletante, j'attends sans prêter attention à se qui fume toujours au bout de mes doigts, le mégot de toute à l'heure dont notre ami me débarrasse gentiment pour le remplacer par celui qu'il vient d'entamer. Jérôme pose les vibrations sur moi et je ferme les yeux...Notre invité se tiens prêt de moi et me tiens la main. Je presse la sienne quand le plaisir me resserre le ventre. Je commence à respirer plus amplement quand je sent un baiser se poser prés de mon oreille. Instant suspendu qu'il serait cruel d'interrompre et pourtant... on entend bel et bien un téléphone vibrer, Jérôme demande à son ami de le remplacer entre mes jambes. Celui ci n'arrive pas à se débarrasser de son air embarrassé mais il se dépêche de venir prendre le relais. En partant, Jérôme me débarrasse du joint fumant auquel je n'arrive pas à prêter attention. Les yeux mi-clos, je le vois revenir peu de temps après avec sa coupe à la main. Il sourit comme à son habitude lorsqu'il est excité en me regardant intensément. Il se rapproche en ricanant, me tend son verre que j'accepte en me redressant légèrement, j'essaye de boire quelques gorgées.

Jérôme commence à retirer sa cravate, il la lisse entre ses doigts et vient prêt de moi pour la placer autour de mes yeux. Le nœud se resserre en coinçant quelques cheveux. Je l'entend dire « essaye de boire maintenant », sans trop de mal j'arrive à porter le verre jusqu'à ma bouche. Il me met le joint dans l'autre main et me demande à présent si je peux avaler ça aussi. Cette situation m'amuse beaucoup, de me retrouver aveugle, les deux mains déjà occupées et la bouche prête à gouter tout ce qui se présente à sa portée. Je ne parvient plus à garde mon sérieux quand Jérôme se met à faire semblant de me donner des coups avec la sangle de la cravate toujours nouée autour de mon visage et ridiculement petite pour parvenir à m'atteindre de manière honorable. Je ne peux m'empêcher de partir dans un fou rire contagieux qui nous décontracte certes mais qui laisse transparaitre aussi la tension nerveuse créer par la situation.
L'ami qui tenait l'anneau semble avoir céder la place à son hôte, et tout deux ont comme qui dirait du mal à se partager mon corps. Chacun me voulant pour lui, il ne parviennent pas à s'entendre à ce sujet et Jérôme fini par se retirer préférant se mettre devant le film toujours en lecture. Enfin seuls, cela devrait être plus simple de se découvrir me disais-je car je n'avais jusqu'alors pas encore eu d'aperçu sur ce qui faisait la réputation du jeune homme. Mais quelque chose de trop « incongru » le gênait encore, la présence de Jérôme peu être puisqu'il me proposa de passer derrière le canapé à l'abri des regards. Finalement, il était plus simple que je devienne le cadeau de l'invité car il n'y avait définitivement que lorsque je me positionnait en temps que offrande qu'il parvenait à savoir quoi faire. J'ai passé la soirée à faire de mon mieux pour qu'il se sente bien, c'était touchant sa manière de demander la permission avant d'entreprendre chaque geste, on aurait dit qu'il n'osait pas.
A la fin lorsqu'il était en train de me demander « je peux?... je peux?... » en se rapprochant de mon visage, j'ai du lui dire « oui » quatre fois avant qu'il n'entende qu'il avait non seulement le droit mais que j'attendais fortement qu'il finisse par le faire.


1 commentaire:

  1. Le scène finale est un délice à lire un plaisir à imaginer ..tout le texte est bon et nous emmène vers cette apothéose finale.

    RépondreSupprimer