mardi 28 avril 2015

"Ma première libertine" par William

Un autre texte de William que je remercie au passage, dans un style plus littéraire et subtil, j'adore.


Le rendez-vous avait été pris il y a quelques jours déjà et malgré mon âge avancé, alors que j’étais sur le chemin qui me menait à sa porte, j’avais maintenant, au cœur du ventre, ce petit pincement d’effroi propre au première entrevue d’adolescent, quant, au-delà du raisonnable, on se met à trembler devant l’inconnu, cette instant fragile d’une rencontre à venir dont on espère un bon souvenir. Alors l’esprit galope pour se rassurer sans doute et on imagine les événements qui dans un instant sortiront des songes pour enivrer peut-être le réel.

La sonnerie tinte, un peu sourde, quelques pas se distinguent, la serrure tourne en de petits cliquetis bien nets et elle apparait, un sourire simple aux lèvres qu’entourent de blonds cheveux. Mes yeux se ferment, mon index droit dressé se pose perpendiculaire à ma bouche pour l’enjoindre au silence et ma main gauche d’un geste lent, un peu comme on tourne une pomme sur sa queue pour la détacher de l’arbre, lui indique de se retourner. 
 
J’entre dans le couloir, pose doucement mes mains sur ses fesses afin qu’elle avance un peu pour me permettre de refermer la porte. Sans plus attendre et avant qu’elle ne se ravise de se tourner vers moi, je fais glisser mon écharpe noire de mon cou et délicatement la pose en bandeau sur ses yeux. Elle frisonne et comme pour la rassurer je caresse ses cheveux de haut en bas, sur les côtés puis après quelques aller-retour mes doigts s’attardent sur sa nuque où ils découvrent enfin sa peau.

Elle a compris le jeu, son corps se détend et je m’y aventure. D’abord glissant sur l’étoffe de son vêtement, paume ouverte, des épaules jusqu’au bas du dos, je prends la mesure de cette terre inconnue. Sans descendre plus bas, mes mains s’aventurent sur ses hanches pour aborder son ventre puis remonter sur sa poitrine alors que mon corps s’applique à coller le sien afin qu’elle perçoive mon excitation naissante qui durcit à mesure que je prends possession de ses deux seins, le plus doucement possible, comme on porte une offrande.

Alors, le désir de la chair m’envahit et sans plus de mesure, m’éloignant avec regret de son corps chaud, ma main gauche quitte la forme rebondie pour se glisser sous sa jupe, toujours par derrière , ente ses cuisses, afin que les doigts remontent jusqu’ à cette frontière merveilleuse où les bas laissent le champ libre à l’épiderme avant qu’il ne soit couvert de nouveau par la dentelle d’une culotte tendue sous de pulpeuses fesses. 

C’est ici, le règne du frison, lorsque le bout des doigts, légers comme des plumes, effleurent en cercles concentriques une surface de plus en plus étendue afin qu’une chair de poule naisse et que mille petits érections envahissent l’espace et guident la main vers l’entre jambes, de plus en plus haut, de plus en plus chaud, humide bientôt comme un orage d’été.

Vient alors le temps d’effeuiller ce corps qui s’échauffe et lentement, un à un, déposer au sol tout ce qui étouffe cette chair pour ne rien laisser à couvert. Et chaque feuille qui tombe, mais surtout les dernières ravissantes au regard, offrent le spectacle d’un Eden promis, attendu, espéré, capiteux et dont le premier effet, le bandeau désormais à terre, est de lui prendre les mains, de la tourner vers soi pour se perdre dans ses yeux, s’y reposer un instant, le dos appuyé contre le mur, épuisé par le désir, les bras tremblant, la queue douloureuse, prisonnière et gonflée d’appétit.

Ce qu’ensuite, il advint, l’histoire ne le dit pas car lorsqu’on se rend à son premier rendez-vous libertin, et que la maitresse des lieux sait de quoi il retourne pour en être coutumière, humblement, on se laisse guider et quand la porte s’ouvre, le débutant, d’un sourire confiant, s’offre aux désirs de son hôte comme on offre des fleurs, un gâteau ou une bouteille de vin.

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