dimanche 19 avril 2015

Week-end à Liège

D'abord je vous raconte un peu mon retour

Quand Tonio m'a déposée à la gare, j'étais encore dans un état d'excitation inadmissible avec l'impression d'être la femme la plus dépravée de la terre et que tout le monde pouvait le voir. Je suis allée changer mon billet pour celui de midi. La dame au guichet était adorable. En allant à l'enregistrement, le guichetier me demande ma carte bleue et son code, je commence à fouiller dans mon sac en disant "Oui bien sur..." et il éclate de rire "Mais non! il ne faut pas donner votre code de carte bleue voyons!" Je me sens vraiment blonde sur le coup, les belges diraient surement "Pardonnez lui, c'est une française". Je repars avec un papier à remplir pour mettre sur mon sac mais après avoir longuement fouillé dedans en retournant toutes mes affaires plusieurs fois. Je m'aperçoit que je n'ai pas de stylo. Je retourne donc au guichet pour en demander un au blagueur, je commence ma phrase par « Excusez moi, je peux vous demandez quelque chose? » et lui qui me répond « Vous pouvez me demandez tout ce que vous voulez mademoiselle » ho! Mes yeux plongent dans les siens...j'ai mis une seconde avant de lui dire que c'était un stylo que je cherchais. Je pense que mon regard m'a trahi, comme trop souvent, car il était en train de me regarder comme s'il lisait le désir en moi. J'ai rempli rapidement le document, lui ai rendu le stylo et me suis sauvée avant de rater le départ.
Le voyage en car fut vraiment agréable, j'ai rêvassé en souriant jusqu'à m'endormir. En arrivant, je monte dans un bus qui m’emmène jusqu'à chez moi et l'homme qui est assis en face de moi entame la conversation. C'est un asiatique d'âge mur, le visage doux et les yeux rieurs.
« Vous étudiante? Non? »
je lui répond gentiment « Non, mère de famille... »
« ...Vous pas étudier chinois? »
« Non, pas étudier chinois »
« Il fait beau aujourd'hui, froid mais beau »
« Oui c'est agréable » je lui souris timidement
« Bus aller à mairie Montreuil? »
Je me mets à regarder dans le bus si le plan indique la station. « Oui je crois bien »
« Moi aller à brocante faire business, France pas bon business magasin, déjà internet, vous venir avec moi à brocante? »
« Non, je rentre chez moi, j'ai un mari »
« ha... » il souris toujours.
« Vous faire quoi dans la vie? »
« Éducatrice, avec les bébés. »
« Comme institutrice, beaucoup vacances » dit il en plaisantant.
« Oui » dis-je simplement pour ne pas entrer dans une conversation trop fouillée.
Cependant, je ne cesse pas de regarder ses mains en me demandant s'il sait s'en servir pour donner du plaisir...j'ai chaud. Je me surprend à repenser à ce film avec une fille attachée au Japon, à cet autre film que j'adore avec la très jeune Jane March : « L'amant ». Je le regarde en pensant que je n'ai jamais eu de conquête de cette origine, quel dommage finalement. Le voyage me semble interminable, heureusement que j'arrive là ou je dois descendre. « Au revoir » « Au revoir ». Mes hormones sont elles si volatiles que ça?


Jane March et Tony Leung Ka-Fai
"L'Amant" film de Jean-Jacques Annaud adaptation du roman de Marguerite Duras




















un départ inévitable.


Tonio et moi parlons déjà depuis quelques mois, une relation qui comporte plusieurs volets :
Celui du désir réciproque en premier lieu et celui d'un échange humain qui tend à rester du coté de la raison. Plusieurs périodes de silence n'auront pas suffi à rompre le dialogue et à cesser de faire grandir l'espoir d'une rencontre. Ma volonté de rester fidèle à fini par voler en éclats alors que j'étais d'autre part en train d'essayer de m'engager a être rassurante. Comment justifier un tel comportement autrement qu'en disant c'est de la folie? Oui, peu être...Pour moi, cela s'appelle la passion, c'est comme cela que je retrouve l'envie de vivre. Non pas par rapport à mon couple mais simplement par rapport à moi même. Couper un instant dans ma vie ordinaire pour réaliser tout ce que la vie a de plus beau à donner. La passion pour moi c'est quelque chose de vital. Si il faut passer pour folle alors tant pis, tant mieux, je m'en fous, je dois vivre.

Tonio se positionne assez clairement en tenant un discours cohérent qui va dans le sens de réparer mon union, il pense que je prend de gros risques même s'il a envie de me voir. Il fait preuve de volonté pour tenter de mettre un terme à mon élan en arrêtant le dialogue. Mais après quelques minutes, je suis prête à tout lâcher juste pour partir le rejoindre, un truc plus fort que moi qui ressemble à de l'amour. J'ai le cœur déchiré mais je ne peux pas lutter contre moi même. Ma décision est prise et c'est maintenant que tout se joue.
L'impulsion est trop grande pour être réprimée, dès que je sens qu'il a envie de me voir, je creuse un peu plus pour le persuader que je sais ce que je fais; rien n'a plus d'importance à cet instant que de rendre le départ possible. Et d'ailleurs sans trop de peine le départ se trouve a porté de main, l'envie est plus grande que tout. Je me jette dans le vide en présentant un petit papier à Alexis lui annonçant le départ le lendemain. Je voudrais tellement partir sur-le-champs pour ne pas à voir sa réaction. La nuit touche à sa fin, dans la baignoire, je me mets à rêvasser, le bonheur commence à m'envahir doucement.. je prends quelques affaires assez ordinaires et me prépare à partir.

Enfin l'heure. Je quitte la maison déterminée. Dehors le ciel est bleu indigo, tout propre, le froid sec de février me vivifie les joues. Mes pieds avancent tout seuls, j'ai arrêté de réfléchir. Après une nuit blanche à fumer comme j'ai fait, ça paraît assez normal mais c'est que ça m'arrive assez rarement pour être notable. Le temps file vite et mon bus traîne, je commence à avoir peur de rater le car. J'arrive à l'enregistrement à l'heure du départ et c'est en courant que finalement j'arrive à entrer dans le car pour la Belgique, soulagée. Le chauffeur annonce le départ, démarre son véhicule et nous partons. Sans lutter mes yeux se ferment sur le paysage qui défile et je plonge dans un sommeil sans rêve.

 Vers 12h30 je me réveille en sursaut, complètement déboussolée. Je regarde autour de moi pour comprendre où je suis et au bout d'un instant je réalise que je l'ai fait, je suis partie. Je pense à Alexis que j'ai laissé. Je regarde mon téléphone et trouve un message. C'est Faustine, une fille rencontrée sur le site de libertinage avec qui je suis sortie en club en décembre. Elle me dit qu'elle est désolée d'apprendre notre rupture. Je comprend alors que c'est Alexis qui a écrit quelque chose de public à ce sujet. Je lui écris un message pour comprendre, lui demandant si sa décision est prise et disant que j'aurai préféré en parler avec lui avant de l'apprendre de cette manière. Il me renvoie un message énigmatique « ne nous précipitons pas ».
Je reste dans l'attente d'être rassurée de ce coté et de l'autre je pense à la rencontre imminente. J'envoie un message à Tonio pour lui dire que j'arrive bientôt, il est sur la route également.


Sans trop de retard, le car arrive à Bruxelles. Je descends en regrettant amèrement de ne pas avoir pris une tenue plus à mon avantage. Tant pis, j'ai misé sur la sincérité, j'ai fait le choix de me montrer telle que je suis, en espérant que cela suffirait mais au fond de moi j'ai affreusement peur de ne pas lui plaire. En descendant du car, je regarde aux alentours, un jeune homme à quelques mettre me regarde et avance doucement vers moi, ça ne peut être que lui; J'avance indécise avant de le reconnaître tout à fait. Je ne me sent vraiment pas convaincante, son regard ne laisse rien transparaitre, il me dit « ça va? » en pose une bise sur ma joue. « Oui le voyage était rapide » « tu as faim? » « j'ai mangé un petit sandwich dans le car, ça va pour l'instant merci ».
Il me montre sa voiture, un modèle actuel plutôt sport, rouge et blanche et m'ouvre la porte coté passager. Il m'annonce que nous aurons un peu de route jusqu'à Liège, la ville où il habite. Il commence à programmer son GPS en allumant une cigarette. J'en allume une aussi. Nous sommes visiblement contents de nous voir même si Tonio semble impénétrable. 

Alors qu'il conduit en pestant sur les autres automobilistes, la conversation s'amorce naturellement, nos regards se rencontrent enfin quand il pose la main sur ma cuisse et que cela fait pétiller mon désir. Je prend sa main dans la mienne pour l'observer de plus prés, sa peau est douce. « Ses mains vont-elles me donner du plaisir? » C'est la question que je me pose chaque fois que j'observe des mains d'hommes. J'ai l'impression d'en apprendre beaucoup sur la personne mais cela n'a aucun fondement, c'est juste un « feeling » qui passe ou pas. Je sens qu'il se demande ce que je fais et ça me plaît de l'intriguer. Je le scrute avec plus d'insistance. « Que va-t-elle faire? » J'aurais dû prendre le bout de son doigts dans ma bouche pour le goûter mais j'y ai juste posé un baiser chaste avant de reposer sa main sur ma jambe.


Nous parlons comme des amis peuvent le faire, en nous confiant nos vies. Je n'ai pas besoin d'être une autre mais quelque chose semble se confirmer dans ce qu'il me dit. Il n'envisage rien de sérieux avec moi et préfère me savoir avec Alexis. J'ai hâte d'être arrivée pour l'appeler d'ailleurs. J'ai peur d'être seule à mon retour, ma famille me manque affreusement, je regrette presque d'avoir pris le risque. Heureusement, Tonio parvient à me distraire et à dissiper mes inquiétudes en me souriant. Une fois arrivé, il me propose d'aller manger au Quick en me demandant : « Vous connaissez le Quick en France? » Quel exotisme! Tout cela me fait rire...
« Je vais commander pour nous » super! je n'ai plus besoin de réfléchir, je me laisse guider, c'est bon.
Il m'explique que les frites à la mayonnaise, c'est une spécialité belge, je lui souris en faisant mine de ne rien savoir.

En prenant mon plateau, le verre plein de soda manque de tomber à la renverse sur le carrelage mais c'est sans compter sur mes réflexes ultra-rapides car de mon autre main je parviens à le rattraper de justesse. J'espère avoir d'autres occasions de lui montrer mon habileté, il a l'air surpris et fait remarquer la tête du serveur qui se voyait déjà devoir nettoyer le sol. La réactivité, c'est vital et Tonio en sait quelque chose, lui qui travaille à sauver des vies.

Nous allons nous installer à table, je tente comme je peux de tenir un sandwich qui mesure au moins quinze centimètres et j'en met partout à chaque bouchée. Pour le raffinement on repassera plus tard. Il m'explique alors qu'il n'a pas réussi à avoir la chambre qu'il voulait pour nous. La veille il m'avait montrer des photos sur le site de l'hôtel avec une chambre pleine de miroirs mais elle ne serra libre qu'à vingts deux heures. Il continue en me montrant par la fenêtre un hôtel derrière lui, c'est dans celui là qu'il va essayer de réserver. Je suis dubitative et le laisse poursuivre. Il appelle l'hôtel mais celui ci est complet aussi. Finalement c'est à un de ses amis qu'il appelle « Négro » qu'il demandera une chambre avec un prix dans un hôtel cinq étoiles. C'est au delà de tout ce que je pouvais penser mais malgré mon enthousiasme je reste simplement sans voix.

Je ne l'ai pas vu avaler son menu que je suis déjà en train de caler à la moitié du sandwich. Il me confie qu'il lui est impossible de me sauter dessus à cet instant, intérieurement je me met à penser que cela va finir par arriver et j'en brûle d'impatience. Nous passons aux toilettes avant de partir du « restaurant », devant la glace je me lave les dents et n'ose affronter plus longtemps mon reflet, j'ai besoin de parler à Alexis. En sortant, Tonio ressent mon malaise et me demande si ça va. Je lui explique en fumant une cigarette et il comprend. Rien ne semble plus simple que de communiquer avec lui, il y a quelque chose de profondément rassurant dans sa façon d'être. De retour dans la voiture il me dit « bon alors, je t'annonce le programme? » je suis curieuse, emballée, impatiente.« Nous allons faire du shopping dans un centre commercial pas loin d'ici, comme ça j’appellerai mon Négro en même temps." C'est parti!


Je me sens par moments étrangement tranquille, hormis le fait que je pense à ma famille et que je ne peux m'empêcher d'envoyer des messages désespérés à Alexis. Je ne sais pas où on va et j'ai du mal à m'orienter sur la direction à prendre, Tonio se rapproche progressivement de moi en me tenant par la taille et en tenant ma main. Nos regards sont plein de complicité, il sent que je suis partante pour entrer dans son jeu. Que c'est bon d'être ailleurs, hors de ma propre vie au bras de cet inconnu familier. J'oublie tout. Je vis l'instant en le savourant. Il entre dans une boutique de vêtements pour femmes, salue la vendeuse qu'il semble connaître et avance directement vers le fond du magasin. Il me montre un rayon avec des tenues noires et blanches et me dit : «  Je voudrais que tu choisisses une robe .» 

J'écarquille les yeux, je crois rêver ou halluciner. Je ravale vite l'effet de surprise pour faire ce qu'on me demande, je regarde les robes, la première à droite me semble bien, les autres ne me disent rien. Il me demande si je suis sûre, alors je regarde encore les autres robes mais mon choix est fait, c'est la première. Je vais la passer dans une cabine d'essayage pendant qu'il plaisante familièrement avec la vendeuse. Il parle de la musique en ne se gênant pas pour dire qu'il trouve dommage qu'elle soit si nulle. La vendeuse confuse tente de se justifier en disant que ce n'est pas son choix mais celui de la direction. « je dois engueuler votre chef alors » La vendeuse se retrouve maintenant prise en faute d'avoir critiquer son chef...gênée... tout cela me fait rire, je vois ses techniques de manipulation avec beaucoup de recul et parviens même à le trouver brillant.




 Je ressort avec la robe, il me faut des chaussures, celles que Tonio m'a tendues sont trop grandes. En me voyant dans le miroir l'image est floue, juste mes jambes abimées semblent impossibles à ne pas remarquer. Elle me va, on la prend. Direction ensuite une boutique de chaussures, après quelques obstacles je finis par trouver la paire qu'il me faut. Nous prenons la direction l'hôtel. Je frétille d'impatience. J'aurais pensé qu'il aurait profité des cabines d'essayage pour passer me voir, mais non. 

 Une fois la voiture garée, Tonio se souvient alors qu'il a oublié les préservatifs dans la voiture, je lui dit que j'en ai quatre dans mon sac, cela devrait être suffisant jusqu'à ce que l'on ressorte « souper ». L'hôtel est situé dans une ancienne bâtisse qui fût autrefois un château, mêlant à la fois design actuel et architecture d'origine. Nous passons nous enregistrer à l'accueil pour avoir la carte de notre chambre. Au guichet, la jeune femme se laisse charmer également par mon accompagnateur qui très vite parvient à la faire rougir et sourire. Je commence à penser qu'il ne laisse passer aucune occasion de prouver l'efficacité de son charme, ou bien est ce juste pour tester ma réaction? Je le prends comme le signe d'un besoin d'être rassuré et trouve cela plutôt touchant. Nous traversons l'espace bar et salle de restaurant par le couloir de droite avant de prendre l'ascenseur pour descendre six étages plus bas. Nous cherchons la chambre 610. Elle est la dernière au fond du couloir. Antonio repère aussitôt les extincteurs et les dispositifs anti-feu.



A l'intérieur, nous découvrons la chambre. De la moquette moelleuse, une salle de bain avec baignoire, un grand lit haut et confortable. Tonio regarde un peu partout dans les placards, et moi, à peine arrivée dans cet endroit où tout est élégant, je ne résiste plus à envie de changer de tenue. Dans la salle de bain, j'enfile la nouvelle robe et les escarpins noirs qu'il m'a offerts, je me regarde dans le miroir et en tournant la tête je le vois me regarder subrepticement. La robe fait son effet. Simple et efficace.

Je retourne dans la chambre juchée sur mes tallons, il me regarde avancer vers lui en souriant malicieusement. J'avance un peu plus prés et m'arrête devant le lit où je prend appui pour me stabiliser. Je le regarde me regarder, il me déshabille des yeux et m'enflamme. Il s'est approché de moi lentement sans me quitter des yeux et une fois tout prés il me fit remarquer comme notre taille était adéquat pour s'embrasser. Comment les gestes se sont succédé? je ne saurais le raconter. C'était juste bien, chaleureux et tendre, comme avec quelqu'un que l'on retrouve, simplement naturel sans avoir besoin de se chercher.


Nous avons fait l'amour une première fois, sans attendre, sur le lit. C'était bon, nous en avions envie depuis si longtemps. En reprenant ses esprits, pendant que nous fumions à la fenêtre il a répété encore quelques fois qu'il n'en revenait pas que je sois venue. Nous étions proches et plein d'affection à certains moments, à d'autres nous étions comme deux amis en train de se faire des confidences et plaisanter. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai pensé à lui montrer le jeu de tarots de Marseille que j'ai illustré. Je lui ai fait un tirage de cartes. Puis nous avons poursuivi les câlins sur le sofa rouge sur lequel Tonio avait pris place. Je me suis installée sur lui à califourchon à l'envers, lui laissant tout le loisir de voir mon dos et mes fesses. J'avais tellement envie de lui que je ne pouvais rien faire d'autre que me tortiller sur lui pour le sentir durcir. Nous déballons ensemble, non sans empressement la deuxième capote et je l'aide à l'enfiler. A nouveau, comme si je l'avais attendu impatiemment, je le sens entrer en moi avec une forme de soulagement intérieur. Il me rempli si bien, il est en train de faire l'amour avec moi, plus rien n'existe à part cette sensation de bien être. Ensemble nous sentons le plaisir monter et nous devons nous interrompre plusieurs fois pour reprendre notre souffle et faire durer l'instant.

Tonio m'a penchée en arrière pour m'allonger sur son torse mais cette position la tête renversée dans le vide, ne me met pas assez à l'aise pour lâcher prise et bouger comme je veux. Il m'a emmenée alors pour me pencher sur la table, je me cambre et me tend à sa rencontre pour qu'il me remplisse à nouveau. Il sait tenir mon corps pour que je me sente une femme, il promène ses mains sur mes seins pour les faire durcir et m'entendre soupirer plus fort; il glisse en moi jusqu'à me remplir entièrement pour m'extirper un gémissement, je tord mes cheveux dans mes mains et entend mon souffle saccadé. Je suis juste à l'écoute de ce que mon corps ressent, il pourrait me faire mal s'il poussait trop loin mais il est juste là où il faut pour que ce soit parfait, il enveloppe mon bassin pour me tenir plus prés, ses mains entre mes cuisses, son corps collé si prés du mien... Je m'abandonne au plaisir. Puis Antonio m'a guidée jusqu'au lit. Assise face à lui, je suis de nouveau plongé dans son regard qui me consume. Il retire le préservatif qui le gênait et s'approche de ma bouche doucement. Il reste devant moi pour que je fasse le dernier pas dans sa direction, je suis sous le charme, j'ai tellement envie qu'il jouisse dans ma bouche... Ses doigts dans mes cheveux et ma nuque m'électrisent et provoquent une cambrure spontanée comme les chats peuvent le faire. Encore excitée, je gémis comme si j'étais proche de l'orgasme et c'est le sien qui d'un coup rend son diamètre plus large encore sous les pulsations de son plaisir qui se déverse en moi, au fond de ma gorge. Je l'avale sans réfléchir.
Après m'être rafraîchie, je le rejoins sur le lit, et aussitôt il ouvre les bras pour me câliner. Nous restons un instant comme cela, sans dire un mot, juste ma main qui dans un mouvement lancinant se balade sur son torse. Notre conversation a bien vite repris son rythme de croisière, il me fait rire et lui aussi à l'air enjoué de celui qui passe un bon moment.

N'ayant pas vu l'heure filer, nous constatons qu'il est temps de souper et décidons de ne pas ressortir de l'hôtel. Le room-service nous fera monter nos plats. Tonio remarque, alors que nous avons déjà fumé plusieurs fois, un petit écriteau disant que la chambre est non fumeur et que l'amende est très salée. Nous demandons alors au room-service où se trouve l’espace prévu à cet effet. Celui-ci se trouve à plusieurs couloirs et deux ascenseurs tout prés de l'entrée finalement, dans une sorte de cave ventilée faite de voûtes de briques. Nous nous y rendons plusieurs fois au cours de la soirée et lors de notre dernier passage nous y faisons la connaissance d'un employé de l'hôtel venu lui aussi fumer une cigarette. La conversation tourne autour de sujets d'actualité tels que les amalgames, la religion, l'intégration dans une nouvelle culture, et chacun y va de son témoignage à propos de sa famille, ses origines. C'est le genre de conversation spontanément sympathique qui me donne envie de sortir plus souvent de mon quotidien pour aller à la rencontre du monde.

Le repas tarde à venir, au bout d'une bonne heure d'attente Tonio rappel le room-service et annule le plat qu'il a pris pour lui m'expliquant qu'après avoir attendu trop longtemps, il n'a plus faim. Le garçon d'étage arrive peu de temps après, se confond en excuse et pose un magnifique plateau sur la table. Il y a finalement deux plats et celui de Tonio n'est pas compté sur la note. Il s'assoit en face de moi et fait semblant de participer au repas en goutant un peu. Il a commandé pour nous une spécialité de la région : des boulets sauce chasseur, ou sauce lapin. C'est délicieux. Les grosses frites de pommes de terre sont faites maison, elles sont chaudes et croustillantes, je me régale. Une petite salade frisée accompagne le tout.

Une fois rassasiée, je prends mon téléphone pour appeler Alexis, à la maison tout ce passe bien, je le rassure concernant le comportement de Tonio envers moi et tout semble à nouveau apaisé entre nous. C'est un peu déroutant mais je prends ça pour acquis, pour me tranquilliser et profiter au mieux de la nuit qui s'annonce déjà envoutante.

Il s'est remis à fouiller dans les placards pour y trouver un peignoir et tout content de sa trouvaille, il l'enfile comme si c'était le sien et me propose de prendre un bain. Je le suis dans la salle de bain et le regarde s'occuper de faire couler de l'eau à bonne température et mettre un peu de shampoing pour faire de la mousse. Il retire son peignoir et se glisse dans l'eau tout naturellement. Je me déshabille à mon tour et entre à mon tour, sans quitter mon sourire béat, là où je trouve un peu de place pour mettre mes jambes. Face à lui, je m'allonge sur son torse. C'est un délice. L'eau tiède, sa peau douce, le bruit des clapotis. L'instant est amical, tendre et plein de simplicité. Je me laisse porter par sa voix.


Nous retournons, aussitôt séchés, nous mettre dans le lit d'où nous ne sortirons qu'au petit matin.
Après avoir ôter son peignoir et s’être glissé sous les draps, il se rapproche suavement et m'embrasse. Nos corps nus s’enthousiasment de se retrouver à nouveau en contact l'un contre l'autre. Je lui dit alors de ne pas oublier de se protéger, j'ai horriblement peur des maladies pour tout dire. Mais il a mieux à faire, il me sourit d'un air qui veux dire « ne t’inquiètes pas » et le voilà qui se faufile sous les couvertures. Quand je comprends qu'il se place entre mes jambes, j'ai la respiration en suspend, j'attends qu'il se pose. Il n'y va pas tout de suite, il joue d'abord sur mes cuisses puis il se rapproche et m'embrasse enfin. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa bouche est tendre, délicate, il fait exactement ce qu'il faut pour me rendre folle, je me tortille en contenant tout de même mes mouvements mais tout mon corps lui dit qu'il faut absolument entrer, ne serait ce qu'un petit peu. Mon corps serre dans le vide est c'est presque douloureux de l'attendre. Je grogne sous ses passages légers, mes fesses décollées du lit ne tiennent plus en place. Enfin, je sens glisser son doigt et ce glissement chaud et humide, c'est inouïe. Sentir ses doigts me remplir, c'est d'une volupté sans pareil. Je suis au point d'excitation culminant, celui où j'ai envie de lui en moi. La peau douce de son sexe tiède m'effleure les cuisses, il est dressé vers moi, mes mains veulent le guider à l’intérieur mais il faut mettre une capote, un bon prétexte pour revenir un peu me remplir la bouche. Je m’interromps quand je le sens plus large que ce que ma main ne peut encercler et je me recule pour le laisser venir vers moi. Il s'allonge au dessus de mon corps et s'introduit en me regardant, il y va tout doucement et me montrant comme il savoure. « J'adore » me chuchote t' il dans l'oreille. Il glisse complètement, mon corps n'en pouvait plus d'attendre, à chaque butée je sens les vagues se rapprocher, devenir plus fortes et quand ma voix s'emporte, il part lui aussi mais sans moi. Je ne sais pourquoi quelque chose s'est retenu d'aller avec lui... N'y aurait-il une sorte de fidélité à la jouissance? N'y aurait-il que celui que j'aime qui sache me faire jouir jusqu'au bout?

De nouveau blottie dans ses bras, après qu'il se soit donné de la peine un moment à tenter de me satisfaire, il me confie être déçu de ne pas y être parvenu. Sans déception pour ma part, aussi surprenant que cela puisse paraître, j'ai pris énormément de plaisir à le faire jouir quatre fois dans la soirée. C'était pour moi une grande fierté qui allégeait beaucoup le regret de ne pas être parvenue au lâcher prise nécessaire à ma jouissance. Au réveil je ne sût résister à la tentation d'une cinquième fois, et quoi de plus agréable que ce soit pour se dire bonjour ou même au-revoir, que la caresse de ma langue chaude sur son gland au réveil car après cela, il y aura le retour. Et après quelques temps, la distance, l'éloignement et l'oubli? J'espère que non. Par prudence peut être, pour rester sage comme il l'avait décidé, il a préféré prendre ses distances. J'ai toujours beaucoup de peine à perdre contact avec mes amants, j'aurai aimé pouvoir rester amis avec chacun d'eux mais ainsi va la vie. Je ne l'ai peut être pas rassurer suffisamment? C'est toujours frustrant de ne pas réussir à faire jouir une conquête, c'est parfois le signe d'une incompatibilité, tout du moins sur ce terrain là... Pourtant je sais qu'il ne manquait pas grand chose pour que je me lâche. Mais j'avais le sentiment qu'il ne voulait pas de moi ni de cet amour... ni même rester mon amant car j'avais une famille, une vie loin de lui. Je ne pouvais pas lui appartenir plus que ce court instant, même avec toute la bonne volonté dont je peux faire preuve.





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