dimanche 5 juillet 2015

L'interview de Stella Tanagra

 C'est à la suite d'un échange, d'une correspondance entre jeunes femmes de plume, que je fit la connaissance de Stella Tanagra, une jeune auteur qui  choisi ses mots avec délectation. 
Les extraits qu'elle me fit découvrir, je les ai dévorés d'une traite avant d'aller sur le site d'IS Édition me procurer l'e-book. Le genre d'écriture qui vous transporte dés les premières lignes...

 Pour vous présenter, Stella et son ouvrage "Sexe-cité"plus en détails, 
elle a bien voulu répondre à mes quelques questions.
Voici l'interview exclusive de Stella Tanagra,  
une jeune femme écrivain à suivre.

Titre : Sexe Cité

Collection : Jardins Secrets

Editeur : IS Edition

Auteur : Stella Tanagra


Stella Tanagra; auteur de "Sexe Cité" 




« Sexe cité » est un recueil de dix récits érotiques consacrés 
à la libido féminine, sujet souvent tabou qui mérite d'être enfin mis à nu par écrit. 

Chaque nouvelle présente un regard novateur et sans complexe 
sur le jardin secret féminin, et se conclut à chaque fois par une fin particulièrement surprenante !

Aphrodisiaque, « Sexe cité » se veut aussi provocant et dérangeant, questionnant chacun sur ses désirs indicibles. 
 Et vous, quelles sont vos limites...?
Stella Tanagra

Combien de temps a pris ce projet, entre le début des premières pages et l'édition? 

 J'avais vingt et un an, je venais de finir mes études. J'avais un peu de temps pour moi outre celui que je dédiais à tenter désespérément d'avoir mon permis de conduire. Suite à un de mes nombreux échecs, j'ai commencé à écrire "Mort sûre " la première nouvelle de "Sexe cité" pour me défouler ; ce fut le point d'entrée du livre. Puis j'ai écrit au fur et à mesure de mon expérience et de mon inspiration de mes vingt et un ans à mes vingt cinq ans. Une fois le manuscrit bien étoffé, j'ai tenté de le proposer à des maisons d'édition. J'ai recherché celles dont la ligne éditoriale corroborait avec l'érotisme puis j'ai envoyé à environ cinq maisons d'édition. Quelques unes m'ont donné une réponse positive et j'ai choisis IS Édition.

IS Édition n'a jamais voulu me censurer et a laissé libre cours à ma créativité d'où mon choix. J'ai été séduite par la disponibilité de l'éditeur à mon égard pour m'accompagner pas à pas dans l'aventure. J'ai été d'emblée en toute confiance. je savais que mon " bébé " était entre de bonnes mains chez IS Édition. Quelques mois se sont écoulés entre l'acceptation de mon manuscrit par le comité de lecture puis l'édition en passant par la phase de correction et d'élaboration de la première de couverture où je figure (photo prise par Dominique Liegey). Des lors, je suis en pleine promotion du livre!

Pourrais tu me parler de ta manière de travailler? Est-ce une sorte d'exercice régulier ou bien te laisse tu porter par l'inspiration du moment?

Tout est une question de pulsion. Je laisse l'inspiration venir me chercher. Hors de question de s'obstiner à remplir une page blanche. C'est une image ou un mot qui va me surprendre et me porter de ligne en ligne. J'écris à l'instinct, tout ce qui me tord, me malmène ou m'émeut. Ni calcul, ni stratégie, des mots bruts et sincères comme je les vis. 

Le point de départ : ma sensibilité et les sensations qu'elle produit lorsqu'elle transforme les détails en violations et les désirs en allégresses. Mes mots sont organiques et saignants. Mes écrits font de l'enveloppe corporelle le centre de toutes les attractions afin d'extirper les tourments et les fantasmes de chacun pour les révéler jusqu'au bout de l'indicible. 

Le corps y est au cœur, mis à nu pour se révéler sans artefact.

Je n'ai ni référence ni repère en matière de littérature érotique. "Sexe-cité" délivre un portrait sans artifice et sans inspiration volée. Être vierge de toute connaissance en littérature érotique apporte la spécificité de ma proposition littéraire hors des normes actuelles. Les seuls textes érotiques que j'ai lu dans ma vie alors que mon livre était déjà en cours d'édition étaient les tiens, Anouchka!

Je suppose que l'écriture tient une grande part dans ta vie, y a-t-il d'autres choses qui occupent ton temps libre?


Je suis follement éprise de la différence 
qu'elle soit splendide ou ignoble.
J'adore tout ce qui est en décalage avec la conformité.

En littérature, je me tourne volontiers vers Charles Baudelaire ou Boris Vian.

En graphisme : Hans Ruedi Giger.

En photographie : Matthew Barney.  

En cinéma : Terry Guilliam ou jean Pierre jeunet pour ne citer qu'eux.



Illustration de Giger, le père d'Alien.


photographie de Matthew Barney
En musique : Die Antwoord. 



Pourquoi ce titre "Sexe-cité" ?
Le jeu de mot : sexe cité / s'exciter - s'est imposé à moi comme une évidence dans le choix du tire de mon premier recueil de nouvelles érotiques. Et au delà du jeu de mots, il s'agit de « citer le sexe » sous toutes les coutures et toutes les facettes pour découvrir jusqu'où le lecteur peut repousser ses limites et « s'exciter ».

Comment se passe ta vie aujourd'hui? tu as un compagnon, une vie de famille? Quel est ton rapport au libertinage aujourd'hui? 

Beaucoup de mystère dans ma vie étant donné que je publie dans l'anonymat de mon pseudo. Je jongle avec l'officiel et l'officieux accompagnée de celui qui m'a tenu la main tout au long de ce chemin avant d’être éditée. Il est le premier à m'avoir lu, le premier à m'avoir soutenu et celui sans qui je n'aurait jamais eu la confiance nécessaire pour aller au delà de moi même. Bien entendu je parle de celui qui partage ma vie au grès de mes folies libertines entre autres...

Photo de Dominique Liegey


Qu’espères tu en publiant ton livre?

Il s'agissait de passer de l'ombre à la lumière même si ce n'est qu'une lueur pour le moment ! J'écris depuis l'âge de quinze ans toutes sortes de textes, du témoignages à l’essai, en passant par la poésie et des lors des nouvelles érotiques. Il était nécessaire pour moi d'emporter la reconnaissance d'une maison d'édition afin d'obtenir le crédit dont j'avais besoin pour me sentir "entière", pour exister en qualité d'écrivain. Les textes prennent vie une fois qu'ils sont lus, il n'était donc pas question pour moi de garder mes récits dans l'intimité. J'ai profondément besoin de l'avis des lecteurs pour avancer dans mon projet et savoir où l'orienter. Sans lecteur, il n'y a pas d'auteur.

Y a-t-il un message, une volonté de rendre compréhensible le désir féminin à travers ces textes?


« Sexe cité » en dix nouvelles érotiques questionne les désirs, interroge les déviances et s'en galvanise quitte à créer la surprise voire la stupeur chez le lecteur. En se jouant du sexe et ses tabous, j'écris pour toucher et éveiller chez l'autre ce qu'il est. A la marge des mièvreries actuelles, « Sexe cité » est guidé par l'aspiration d'entrevoir un regard nouveau sur la sexualité et en l’occurrence celle des femmes. Ici ni la libido du commun des mortels ni un formatage du désir ne prend le pas sur la liberté, qu'elle tende au meilleur comme au pire. Mon message est de cultiver sa différence et de transformer ses failles en atouts. C'est le fil conducteur de ma vie.

A propos du statut d'écrivain et du rapport à la marginalité :

Je partage ton sentiment d'écrivain Anouchka, et me reconnais aussi dans ton parcours et tes émotions. Je n'ai jamais trouvé ma place dans les normes édictée, de l'école maternelle à ce jour ! Cette situation, malgré moi, m'a mise à l'écart. Des lors, c'est le fait d’être hors norme qui constitue ma différence et à mon sens il est bien plus excitant de cultiver ses spécificités que de se conformer aux standards sociétaux.

Sur la situation de l'écrivain vis à vis de la crainte du jugement :

j'entends la crainte du jugement que peut avoir un écrivain ; qui plus est une femme écrivant des textes érotiques telles que toi, Anouchka et moi. Je suis de nature introvertie et la parution de mon livre m'a mené à ces questionnements. Je me permet toutes les folies dans "Sexe cité" quitte à choquer ou écœurer. C'est donc avec beaucoup appréhension que j'écoute les avis des lecteurs. Pour le moment j'ai été agréablement surprise .
Et quoi qu'il arrive dans cette aventure, j'ai décidé d'avancer sur le chemin que je me suis tracé sans prendre garde à d'éventuels jugements. On ne peut pas plaire à tout le monde et c'est d'ailleurs ça le plus jouissif ! Tant mieux si je surprend ou perturbe. le rôle de l'écrivain est de questionner les lecteurs et les pousser à réfléchir sur leur propres profondeurs.



Un GRAND MERCI à toi Stella! 
en te souhaitant plein de lecteurs et plein d'autres ouvrages, bises à toi.


Pour contacter Stella:

Pour lire Stella : « Sexe cité » se commande en version numérique et en version papier sur le site de IS Édition



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