dimanche 17 avril 2016

Petit extrait du journal de mes 16 ans.


L'été a commencé le 21 juin, c'était un lundi et ce jour là au lieu de retourner à l'internat de St Étienne, je suis restée chez moi comme me l'avait conseillé la directrice. C'était la semaine de révision avant le brevet et je couvais une belle crise de nerfs là bas. C'est vrai que je suis beaucoup plus tranquille chez moi à ne rien faire. J'ai révisé tout au plus trois heures maximum cette semaine là. J'étais beaucoup plus occupée à lire et dessiner. L'antenne de la télévision ne marchait pas très bien mais je pouvais encore me servir du magnétoscope pour voir « Un dernier Tango à Paris » ou « Proposition indécente » quand mes parents n'étaient pas là.

Jeudi 24 je devais aller voir Patrice en fin d'après midi et durant la journée j'avais dévoré le livre d'Hugo Solenza « Pascal et le sirènes » bien-sur sans que personne ne soit au courant. Cela m'avait mis plein de bonnes idées dans la tête. Arrivée chez Patrice où il y avait aussi Maxime, j'étais on ne peut plus excitée. Patrice, lui, avait la tête à autre chose et ne coopérait vraiment pas. Ce soir là, j'ai cru qu'il ne s'intéressait plus à moi. Vexée, je pensais même que c'était la fin et j'ai préféré partir. J'ai demander à Maxime de me raccompagner chez moi en scooter et après d'ultimes efforts pour ne pas être attirée par lui, j'ai fini par céder à la tentation.

Alors qu'il conduisait tranquillement, ma main glissait de plus en plus bas, imperceptiblement, tout doucement d'abord sur son ventre pendant que le paysage défilait. J'allais très lentement pour qu'il s'en aperçoive que petit à petit. Plus la route défilait et plus mes gestes étaient francs et précis.
A un moment, il s'est arrêté sur le bord du bois et m'a demandé ce qu'il se passait. J'étais dans un état inimaginable, je ne comprenais pas moi-même ce qu'il me prenait. Nous sommes allés un peu plus loin dans la foret, il faisait presque nuit, la terre était recouverte de feuilles mortes dans le coin où nous marchions et c'est parmi elles, les yeux rivés vers les hautes branches des chênes que j'ai fait l'amour avec lui.
collage photo "Barbie au Bois" 1999

Le lendemain soir vers 23h, le téléphone sonne. Je décroche, c'était lui. Il avait mis maladroitement Patrice au courant. Samedi Patrice m'appelle, l'air fâché, il me demande de venir chez lui pour lui fournir les explications qu'il voulait. Finalement il s'est avéré qu'il était jaloux et qu'il réfléchirait à savoir si oui ou non il m'aimait encore. Il est parti au mariage de sa tante en début d'après-midi me laissant à nouveau seule avec Maxime qui disait commencer à m'aimer lui aussi. Nous avons passé une bonne partie de l'après midi à parler de tout et de rien à se raconter nos vies...mais une fois chez lui, est arrivé le moment où l'on ne trouve plus rien à se dire, plus rien à faire et où chaque geste qu'il faisait me déstabilisait. J'ai luté tant que j'ai pu, j'aurais voulu lui résister mais le désir fut plus fort que ma volonté.

Dimanche, j'avais rendez-vous avec Patrice chez lui à 11h. Tout le monde dormait encore et je suis venue le réveiller en lui chatouillant le menton, on aurait dit un ourson. Il m'a dit de monter dans son lit et il a dormi encore quelques instants la tête posée sur mes jambes, ma main dans la sienne. Puis il a ouvert un œil et m'a dit « viens me faire un câlin » alors nous nous sommes enlacés et nous sommes restés un long moment ainsi. C'était tellement doux, ses mains se sont mises à descendre le long de mon dos, j'ai senti mes vêtements disparaître,sa bouche a cherché la mienne et nous avons fait l'amour. A cet instant j'ai pensé que Max arriverait surement bientôt. Patrice était épuisé et dormait dans mes bras quand j'ai reconnu sa voix. Max était rentré dans la chambre sans se faire remarquer et nous a dit en plaisantant «  Quel bande de fainéant ces deux là! » j 'ai fais semblant de dormir. Patrice a ouvert un œil et m'a embrassé. J'ai fait semblant de me réveiller et d'être surprise par la présence de Maxime. De ce fait, je ressortais avec Patrice et Maxime n'a rien trouvé de mieux à faire que de boire.

Lundi et mardi je passait mon brevet à St- Étienne. J'étais certaine de l'avoir loupé, j'avais la tête ailleurs. Que faire avec Patrice et Maxime?J'avais l'impression de les aimer tout les deux.
Mercredi 30, j'ai passé ma dernière journée à l'internat. Après la randonnée et le barbecue, séance de pleur et d'adieux avec les copines avant de passer la nuit chez la directrice.
Jeudi à 11h, 5minutes après que je sois rentrée de la gare de Lyon, Max m'appelle pour me voir dans l'après midi. On a beaucoup parlé de Patrice que je n'ai pu voir qu'en fin d'après midi.
N'ayant pas eu l'occasion de nous voir de tout le weekend , lundi je m'était assise sur les bords de Marne avec un livre en attendant qu'il rentre. C'est le seul jour de la semaine où j'ai pu le voir.
Mercredi matin j'ai appris que j'avais réussi mon brevet et le jeudi que j'étais admise dans l'école d'arts appliqués que je souhaitait intégrer mais je n'ai pas réussi à contacter Patrice pour partager avec lui la bonne nouvelle.

Vendredi j'avais dans l'idée de le prendre par surprise comme lundi. Je passe un coup de fil à Badr avant histoire de savoir s'il avait des nouvelles mais lui non-plus ne l'a pas vu depuis des lustres. Il me propose de passer chez lui pour qu'on y aille ensemble. Arrivée sur place, il me fait patienter le temps de son cour d'anglais chez son voisin. Enfin il téléphone chez Patrice et comprend très vite que celui-ci est occupé à revendre on sait quoi qui se roule avec des feuilles OCB. Badr m'a alors proposé de rester manger chez lui puis d'aller avec lui chez le voisin regarder un film. Le retour en RER à une heure si tardive serait risqué, il était plus prudent d'accepter son invitation à dormir chez lui. Dans son lit. Bien entendu, nous n'avons pas fait que dormir. Cela faisait longtemps que je savait qu'il se passerait quelque chose entre nous. Très expérimenté et endurant, son arme infaillible reste sans aucun doute sa langue...

différents carnets au fil du temps

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