mercredi 21 septembre 2016

L'exhibition masculine.




Des premiers souvenirs qui me reviennent sur ce sujet, il y a cet homme devant l’école primaire un jour où je passait seule en pleine journée, il c’était retourné braguette ouverte, couilles et bite dehors et avait couru dans ma direction pour passer prés de moi et continuer sa couse bite à l'air.

J'étais restée stupéfaite ne sachant pas être certaine de ce que je voyais, je ne clignais plus des yeux et marchais machinalement un peu plus lentement jusqu'à ce qu'il passe et que je m'assure qu'il tourne au coin de la rue, j'étais rentrée chez moi en me tournant pour vérifier qu'il ne revienne pas.

Ce n'était pas le seul joggeur "bite à l'air" du quartier mais je ne les connaissais pas encore. Au début des années collège, nous faisions du vélo mes amies et moi au bois, je les avais prévenu d'un exhibitionniste qui se promenait dans le secteur mais elles voulaient le voir par elles même, les petites curieuses...

La première fois que je l'ai aperçut, c’était un soir où j'allais avec mon vélo et un livre de Stephen King, me donner quelques frayeurs. Le jour déclinait doucement sur les clairières du bois, en ce début d'été l'air était doux et des hirondelles venaient froller le sol avant de repartir danser dans l'azur striée des lignes blanches des avions. Et ce jour là je n’eut pas besoin de me plonger dans un roman d'épouvante puisque comme souvent la vie réelle l'était tout autant. Il était assis sur une souche sur le chemin par lequel je passais, barbu avec des poils sortant de son marcel rouge, un short de sport bleu coupé entre les jambes pour pouvoir sortir son bazar plus aisément. Il agitait sa main devant son entrejambe, de loin je ne voyait rien, ne distinguait pas et comme il fallait bien que j'avance, j'ai regardé ce qu'il faisait en passant, il la tenu bien droite avec le bout rougi qui sortait de son poing serré...

Quand j'ai compris, j'ai accéléré, j'ai pensé "mais ce n'est pas possible, j'ai du rêver? Et de repasser une seconde fois pour vérifier. Cette fois ci c’était bien net, il se branlait. Je suis partie me mettre à l'autre bout de la clairière sur un banc depuis lequel je pouvait encore l'observer et supposait que lui aussi pouvait me voir. Sans savoir vraiment pourquoi j’ai eu envie de poser le pied sur le banc de manière à rester la jambe repliée, cuisse ouverte avec la main nonchalamment posée entre mes jambes. De loin il aurait pu penser que je dialoguais dans son langage? De peur qu'un passant ne me surprenne ou bien qu'il ne me cru capable de le faire, je cessais mon geste aussitôt et me dépêchais de rentrer.

Je ne pouvais évidemment pas tenir ma langue lorsque je retrouvais mes amies et elles ne voulaient pas me croire. Je leur ai dit "allez voir vous même, si vous ne me croyez pas" et nous y étions aller. Quatre copines sur leur vélo, passant comme des petites hirondelles devant le vieux monsieur pervers. On aimait se faire peur. Lui a du être content que je lui apporte de nouvelles spectatrices. Nous avions de l’adrénaline plein les poumons lorsque nous détalions comme des lapins de garenne après être passer tout prés du branleur...


Cet exhibitionnisme du "Coucou la voilà" à l'ancienne j'ai envie de dire n'a plus grand chose à voir avec le phénomène récent (apparut à partir des années minitel déjà) qui est l’exhibitionnisme 2.0. Ce qu'on observe c'est un public d'hommes qui aiment regarder les femmes s'exhiber, à la suite de quoi en réponse, pour donner envie de la même manière, utiliser la même stratégie visuelle que celle qu'ils ont apprécier de voir.

Avant la démocratisation du porno (changement d'accessibilité aux images) les bites étaient présentes en dessin sur les murs dans les toilettes ou les tables d'écoles, une manière de marquer son territoire? De dire "Fuck", provoquer, se frotter à l'interdit? Les punks montrent bien leurs culs pour communiquer un message de revendication d'une certaine liberté plus que pour l'exhib dont ils se contre-fichent royalement.


Je me suis longtemps questionnée sur les raisons, Pourquoi vouloir se montrer?
Le besoin d’être vu, d'exister dans le regard de l'autre...créer une interaction.

Dans les pratiques dites "libertines", les voyeurisme et l’exhibitionnisme sont les premières étapes qui jalonnent le parcourt d'exploration sensorielles. Sans même être libertins, il suffit de prendre le métro ou d'aller à la plage pour se retrouver malgré sois l'heureuse victime de l'exhib de certains.

Ne pas confondre l'exhib et le naturisme. Le second cherchant à oublier la pudeur et simplement à être à l'aise dans ses mouvements. Un mode de vie qui vise à s'assumer, s'accepter tel que l'on est. Une autre une manière de revendiquer une identité libérée des codes sociaux.
Dans l’exhibitionnisme, il y a une part de fantasme autour de l'effet visuel. Cherchant l'interaction par un jeu de regard, un dialogue non verbal. Comme une recherche, une volonté de provoquer une réaction positive ou négative mais au moins une prise de connaissance de l’existante de l'autre par la découverte de son sexe.  Les hommes comme les femmes peuvent avoir envie de vérifier qu'ils puissent plaire pour leur attributs sexuels.

Quand-est-il du fantasme masculin selon lequel les femmes seraient attirées par le physique? Un peu comme si l'homme se demandais si, comme chez lui, l'image a un effet. "Es tu semblable à moi? Fantasmes tu des même choses?"
Pour conclure on peux donc se demander : Qu’espère l'homme qui s'exhibe?
Créer le contact de manière visuelle, plaire, forcer l'admiration, exister et exciter (s’extérioriser).
Généralement comment est-il perçu par les femmes? Peur, dégoût, sentiment d'agression (du fait que l'organe est externe?) mais rarement bien reçue lorsque c'est "hors contexte". Le dialogue et l’échange sont des bases utiles pour créer une relation avec quelqu'un.
"Heu...Quoi de neuf Docteur?"
Anouchka Farland

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