mardi 17 octobre 2017

ne plus se taire

Meepat photographie

j'écris aujourd'hui car je rumine depuis un moment. J'avais envie d'expliquer pourquoi je n’écris plus trop, expliquer la raison de mon recul. En deux mots cela aurait pu se résumer au fait que je ne m'amuse plus mais il y aurait tant d'autres choses à dire.

Des fois je repense à mon enthousiasme d’antan, mon insouciance et je me demande comment je les ai tout les deux perdu.

Ces derniers temps on parle beaucoup de la condition des femmes dans notre société et ce sujet me touche, me révolte, me fait sortir de mon silence et je trouve ça presque dommage qu'il faille un ras de marée médiatique tel que notre époque nous concocte pour que LES femmes osent enfin parler.
lorsqu'il y a eu l'affaire DSK puis Beaupin et dernièrement Hamilton, je me demandais quel bruit cela ferait si toutes les femmes abusées se mettaient ensemble à le dire....et là où je trouve tout de même un certain progrès dans l'humanité c'est que notre lutte pour la liberté commence à changer de forme. (voir l'article "girl power qu'est tu devenu")

La liberté des femmes, ce sujet toujours revendiqué...se ré-approprier son corps et sa sexualité...combien dont moi même auront essayer et seront rester incomprises, vues comme prisonnières des codes machistes, alimentant la culture de la femme-objet prête à servir...

J'y ai beaucoup réfléchi, je me suis demandé dans  quelle mesure mon attitude n’était pas une stratégie de défense. Je m'explique : lors d'une scène d'un court métrage que j'avais envie d'écrire, j'ai pensé à une scène, une sorte d'allégorie...La dompteuse d'hommes, elle se ferait dévorée à la fin...c'est du tragi- comique dans l'auto-dérison totale qui voudrait illustrer ma démarche, ma croyance dans le fait que je me protège derrière mon pouvoir de séduction mais cela n’opère qu'à distance et ne protège pas du corps à corps...là où l'on ferait comme une charmeuse de serpent rien ne nous protège d'une morsure mortelle...je vais m’arrêter là car j'ai peur que mes métaphore soit trop emprunt de référence judéo-chrétienne.

Une autre question que je me pose c'est pourquoi dans les années 70 un "Pouet-pouet camion" faisait moins scandale qu'aujourd'hui...serait on devenue prudes ou est ce le signe d'une volonté tenace de défendre son droit à ne pas être vu comme un bien public?

 Reste le cas particulier de la fille qui semblait vouloir devenir un personnage public, voulant exercer son métier d'actrice, musicienne, journaliste avec talent, elle est devenu populaire, connue, cela ne fait pas d'elle un bien public. Son corps donné à voir en image n'appartient pas à ses fans, elle en garde le droit d'en faire usage avec qui lui plaira. fin de la parenthèse mais je trouve qu'il fallait préciser.

Si j'avais eu à parler, je ne pense pas que le #balancetonporc m'aurait convenu. Je trouve l'idée du lynchage abject, non pas que j'ai le syndrome de Stockholm ( peu être, qui sait?) mais je préfère tenter de comprendre m’intéresser aux pulsions, aux histoires personnelles, non pas pour excuser mais pour comprendre, saisir une partie de ce qui reste stupéfiant.

Parler ou se taire? longtemps j'ai été de celles qui vous aurait conseillé de ne pas porter plainte, que la position de victime n'est pas confortable et n'apitoie personne en ce monde, triste à dire mais je pensais que c’était cela assumer, que j'ai du le vouloir, aimé ça peu être? que ça a juste dérapé et que n’étant pas comprise dans ma démarche j'ai été prise pour ce que je ne suis pas, une poupée à casser.

Autre chose, oui je réfléchi quand j'ai rien d'autre à faire, à ce qu'il parait c'est pas fun mais pour moi c'est une sorte de masturbation intellectuelle...

La théorie du connard:

Qu'est ce qu'un connard? définition selon moi : un mec qui se sert et qui abîme les femmes, il est un connard non pas par essence mais par son attitude par exemple : le violeur, l'abuseur, le manipulateur, le maître chanteur, le batteur (non on ne forme pas un groupe de musique, quoique...) donc on aura compris quelqu'un qui ne respecte pas, qui nie l'autre en somme.
La question ethnologique que je me pose c'est pourquoi les connards perdurent t'ils dans le temps, dans l'histoire de l'humanité? oui je trouve cela bizarre que nous n'ayons pas sélectionner des partenaires qui (non pas génétiquement mais culturellement) aurait une attitude de respect ?
Pourquoi la culture du viol donc ? 
plusieurs hypothèse pour tenter d'expliquer cela mais en premier lieu le tabou,
 "n'en parlons tout simplement pas" qui ne s'est pas entendu dire en tentant de formuler son malaise que ce n'est ni le lieu, ni la manière de le faire, la seule bonne acceptable c'est le tribunal ou bien-sur les psy pauvres folles que nous sommes...
deuxième hypothèse le syndrome de Stockholm, pour croire que l'amour existe malgré tout, que l'amour violent est une forme d'amour. Imaginons que vous grandissiez dans indifférence général et que le moment le plus fort de votre vie soit une agression, vous auriez l'impression que jamais autant d'attention ne vous aura été porté, jamais vous n'avez été si nécessaire, utile à quelqu'un qui victime de ses pulsions le pauvre, n'aurait que vous pour le soulager et ne pas faire plus de dégâts.
De cette deuxième hypothèse découle la troisième, l’adhésion à la cause. puisque l'amour violent existe comme forme d'amour, il peut perdurer. En viendrait cette volonté de rester la préféré, la petite fille éternelle quitte à alimenter les codes machistes et même plus tard transférer sur une autre pour rester celle qui fourni le bon gibier. Dompter le prédateur par la séduction.

C'est hallucinant que je me dise tout cela alors que pendant des années je me suis construite en pensant que je prenait ma sexualité en main, que j'étais libre de choisir mes partenaires. Il aura fallu tout ce temps, cette maturation et la rencontre avec le libertinage, ce blog pour me faire avancer évoluer vers une autre façon de me sentir libre finalement.

Au départ quand j’étais ado, je revendiquais le droit à une sexualité active des femmes et lorsqu'on venait me demander si ma mauvaise réputation était fondée, je n'avais pas mon pareil pour remballer la personne, j'assumais sans honte et la marginalité de cette attitude ne tarda pas à me ramener quelques curieux qui n'auraient pas vu l'ombre d'un lien entre ma maturité sexuelle et les abus dont je témoignais librement. Je pensais que cela ne m'avais pas traumatisée tant que cela puisque je m'épanouissais, je jouissais de mon corps et que je profitais de cette condition de femme au lieu, comme d'autre que j'ai pu fréquenter, qui se sont dé-feminiser au possible pour se protéger.
Il aura fallu attendre qu'un de ceux venu se déniaiser avec moi tombe amoureux et veuille bien me garder pour faire de moi une femme honorable, ou presque puisque après deux ans de fidélité, je retournais vagabonder à l'aventure pour vivre le grand frisson. 

Combien de fois m'est il arrivé, malgré mon comportement entreprenant de fille qui choisi, de me retrouvé dans une sale affaire, un truc qui n’était pas prévu au programme comme le copain du copain qu'il ne faut pas vexer...j'ai mis le temps d'une prescription à me rendre compte que je n'avais pas choisi cette fois ci, que j'avais négocié pour pas qu'on ne me fasse pas mal en fait. Je n'avais rien compris, je croyais qu'on se reverrai, qu'il serai mon mec...Stockholm? il aura fallu que je me retrouve à nouveau dans une sale affaire du genre, encore dans un hôtel, encore par surprise, puisque je suis chaude je dois avoir envie tout le temps vous comprenez la logique...et là fracture psychique, enfin à presque 34 ballets.

J'ouvre les yeux sur tout ce que je n'ai pas voulu avant, toute les fois ou par stratégie de fuite, j'ai coopéré. C’était plus simple que de passer pour une chieuse, une fille pas cool, qui se prend la tête vous savez?

Une fois alors que je venais d'ouvrir un compte avec mon mec sur un site de libertinage, il y a deux trois ans, un homme en couple m'invite dans un superbe château pour une soirée maître et soumise, je n'y connaissais rien à l'époque donc on se parle au téléphone, je me croyais prudente...bref le mec me dit "ça te dirais de te faire prendre sur un fauteuil Louis 16" et puis voyant que je reste dubitative il me demande de but en blanc si j'ai déjà subi des attouchements, puis il ajoute que beaucoup de femme de ce milieu, dans le sm aussi selon lui auraient été victimes, et voilà qu'il me soutiens qu'il serait bon de revivre le traumatisme pour le dépasser. Je n'étais pas préparée à cela et de relier mes envie de fantasme fantaisistes à des vieux traumas ne me convenait pas. et il avait planter la graine du doute le salopard car je commençais à me questionner sur mes motivations, me trouvant moi même bien timbrée parfois je me mis à craindre d’être passée du coté des manipulateurs, de ceux qui vous bercent pour parvenir à leur fins et oui, on apprend à bonne école.

Alors que je me croyais être la reine des vicelardes, je me croyais à l’abri lorsque j'en rencontrais un, je lui disais qu'il était face à un égal. Il fallait que ce soit l'autre qui entre dans ma mise en scène . Pourtant dupée oui on peut le dire, j'ai bien été vers mon fantasme lorsque de moi même j'ai accepté de vivre une expérience monnayée. La bécasse contente d'elle. Qui fait la moue tout de même car le goujat ne s'est pas transformé par l'action de ma gentillesse non, il est resté le connard qui rechigne à payer la somme qu'il s’était fixé. alors que moi stupide couillonne je m'applique à faire toujours plus que nécessaire.

Un jour je me rend compte que les seuls qui me parlent encore sont ceux qui veulent ma peau, enfin gentiment bien-sur toujours mais vu la masse je ne le ressent plus de manière très agréable. là j'ai pas étendu la liste sinon j'aurai encore un nouvel ouvrage à finir mais j'ai encore une belle anecdote à vous raconter. Juste pour dire qu'on n'est pas toujours victime des connards. La prochaine fois je vous raconterais l'histoire de Gilles de l'auto école.


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