lundi 6 juillet 2015

La place du porno dans ma vie




Alors que j'étais moi-même en train de me renseigner sur la question, curieuse de savoir comment se déroule un tournage, je regarde dans la presse et constate sans peine que tout les projecteurs médiatiques sont déjà focalisés sur la question. Que cela soit une industrie (il faut bien que cela profite à quelqu'un), un outil visuel masturbatoire, un moyen de pimenter sa vie de couple, ou tout simplement de ne pas sombrer dans l'ennui, chacun sa relation aux images pornographiques.

La place du porno dans nos vies, est-ce important? Que chacun vive sa sexualité comme ça lui chante après tout, mais quand une flopée de jeune filles se mettent à rêver de faire fortune sur les planches, normal qu'on ait envie de faire de l'éducatif, du dissuasif je dirais, car pour ma part, renseignements pris je suis - mais alors - beaucoup moins attirée par ce milieu.



Ici vous trouverez toutes les références des documentaires intéressants à retenir :



21 jours classé X
Une journaliste accompagne les professionnels du X au quotidien et découvre l'envers du décor sur les lieux de tournages




à quoi rêvent les jeunes filles? Le documentaire de l'ex actrice devenue réalisatrice Ovidie



"Hot girls wanted" un documentaire tourné aux États-Unis décrivant le parcours de ces jeunes filles qui se lancent dés leur majorité dans une carrière d'actrices porno parfois sans rien savoir de leur propre sexualité  dans l'espoir de devenir les prochaines stars du X




Il y a-t-il une vie après le porno? "After porn ends":
Documentaire tourné aux Etats-Unis sur les anciennes stars du X et leur vie après le porno.





@rrêt sur image, l'émission "Porno et société" (le site est payant mais c'est toujours intéressant)





 l'article du site de Flore Cherry (journaliste pour Femme Actuelle et bien d'autres choses)







Pourquoi le porno fait il peur?

De par son influence sur les comportements sans doute, cela pourrait servir d'exemple, de représentation d'une sexualité prise comme modèle à reproduire. Effectivement en partie, je pense avoir été moi même influencée dans une certaine mesure. Certaine de mes amies pensaient « apprendre comment faire », certains de mes partenaires mimaient l'attitude et les répliques vues comme "ce qu'il fallait faire pour être un bon amant"...



Mon rapport à la pornographie



Enfant j'avais une télévision dans ma chambre alors les film du vendredi soir sur M6, c'était parfait à l'époque. Puis il y a eu des beaux films comme L'Amant, Dernier Tango à Paris, et plein d'autres qui ont nourri mon imagination. A une période j'ai délaissé les images au profit de la littérature érotique, mais j'y suis revenue par un correspondant lyonnais, le grand frère d'une amie d'internat, qui m'envoyait des photos découpées dans des revues très cochonnes.

Pendant toute ma période de couple mon amoureux et moi n'avons jamais regardé pire que Sexe Intentions, puis j'ai eu un autre amoureux avec qui cette fois ci je n'hésitais pas à me mettre en scène en son absence (il travaillait de nuit) pour lui glisser dans son dossier secret du disque dur des scènes où il me verrait à l'œuvre avec mes objets de prédilections. Après la rupture, le célibat fut rude et la solitude poussa ma curiosité à explorer ce que je n'avais jusqu'alors jamais fait seule : chercher à voir un film X.

N'y connaissant rien ni en informatique ni en pornographie, je me retrouve à donner mon code de carte de bleue pour un visionnage - gratuit les trente premières minutes! Bien-entendu, lorsque j'essayai de me désabonner, le site se mit à déconner et mon ordi planta. Il me fallut l'aide d'un ami suffisamment complice pour me tirer de là car dès lors mon PC était envahi d'images salaces. Bien plus tard, ma banque m'informa d'un prélèvements mensuel vers la Norvège, curieux... je leur demande de quoi il s'agit et là, la dame au guichet - la bonne cinquantaine - se marre et me dit, « il s'agit d'une site de porno lesbien ». Je rougis comme une tomate vu la température ressentie par mes oreilles, et me défends en prétendant que cela doit sûrement être mon ex... Quand elle me propose de porter plainte pour utilisation de ma carte à mon insu, je lui répond qu'une simple opposition suffira. FIOU... quelle aventure, tout ça pour un film que j'ai heureusement enregistré dans mon disque, où on entendait le bruit d'un orage. C'était le détail qui avait fait la différence sur ma libido. La fille en question était très belle, elle se touchait gentiment et s'enfonçait un gode en verre assez sobre jusqu'à 'à l'orgasme. Efficace, ce fut le premier que je partagea avec mes conquêtes par la suite.

Le sujet n'est plus tabou mais toujours objet d'une certaine crainte: c'est le symbole d'un jardin secret, un répertoire à fantasmes. Est-ce que pour autant en fouillant dans l'historique (web) de quelqu'un on découvrirait qui il est?

Ce que nos fantasmes disent de nous, seuls les psychologues pourraient nous éclairer, mais autant qu'un dictionnaire des rêves, je crois. Il aura fallu que je me piège à ma propre curiosité, que je fouille trop loin, que je visionne l'impensable pour ne plus avoir envie de voir à nouveau des scènes explicites. Le coté catégorisation me choque toujours, "plein de ceci" ou "plein de cela", du choc et du spectaculaire, j'en avais assez vu.

Et puis les choses ont encore changé. Je me suis vue commencer un drôle de voyage, une sorte d'exploration de mes fantasmes, jusqu'à en éprouver l'envie de faire de la mise en scène. L'envie de tourner des scènes a commencé à germer alors même que l'idée d'écrire ici mes souvenirs occupaient toutes mes pensées.

Puis j'ai pris de renseignements et j'en suis revenue à cette vieille question : est on mal jugé(es)?

Les hommes ont l'air d'apprécier, d'aimer, d'admirer. Normal qu'on ai envie d'être aussi désirable aux yeux de celui - ou ceux! - à qui on veux plaire; normal qu'on se dise qu'on n'égalera jamais ce niveau, à moins d'en devenir une, et alors sera t-on encore respectée?

Une chose à propos des motivations: je crois que l'argent est un facteur dans toute activité, là n'est pas la question, mais l'accessibilité des possibles est aussi simple à trouver que les images. Les jeunes filles se lancent aussi tout simplement parce que c'est facile! Non pas facile à faire qu'on s'entendent bien: facile d'accès, je veux dire. Si personne ne peut aujourd'hui espérer avoir une carrière de star dans ce milieu en crise, il n'est pas compliqué de trouver un tournage pour débuter. Ce rapprochement entre sexe et réussite/argent/pouvoir ne serait pas insupportable si il n'était pas omniprésent et comme aujourd'hui tout un chacun essaye de monter son business, il est difficile d'y voir clair entre démarche spontanée et intéressée...





Reste que le cinéma en général est un secteur en crise, internet et les smart-phones rendent tout plus court en termes de durée, on visionne des extraits à l'arrêt de bus mais quasi impossible de se libérer deux heures pour une séance de ciné! Devenues ainsi aussi éphémères que les informations dont on nous inonde, les images circulent à toute vitesse comme pour abreuver un flot constant de nouveauté et de fraîcheur. Ce qui reste visible c'est avant tout l'industrie de la pornographie alors que des beaux films, il y en a à voir mais moins présents sur le marché car forcement plus créatifs que commerciaux. 
 Cependant, j'en ai découvert un que j'ai envie de partager avec vous, c'est le film "République/filles du calvaire"de Sarah de Vicomte, le premier court métrage d'une série de film intimes qui racontent des histoire d'amour.
pour voir le teaser  : https://vimeo.com/130522248
si vous souhaitez le soutenir en participant au projet c'est ici : 






Toujours en questionnement, même sur ma propre démarche.



Alors que je pensais défendre une vision féminine du désir, parler autrement de cette fameuse « liberté » sexuelle dont on nous rabat les oreilles. A quoi se heurte-t-on lorsqu'on essaye de vivre cette « liberté ?,

Parler du rêve et du mystère, de la place des émotions en jeu dans le ressenti du plaisir, bref... je pensais mettre une autre couleur dans le paysage et redonner du sens à l'intime.

Mais parfois je me demande dans quel mesure, ce blog, ces écrits, ces photos, ne sont pas une louche de plus dans la grande soupe à la viande qu'on nous vend partout. J'étais la première à m'insurger qu'on en vienne à ajouter « du cul pour le cul » en packaging pour être plus visible....

je ne souhaite pas participer à cela.


 Ma démarche reste une tentative de comprendre les rapports humains afin de trouver comment me situer dans mon époque. Avouons le, j'avais aussi besoin de me rassurer, savoir que je pouvais plaire, mais pas uniquement. Je crois en fait, que je cherchais une voix à mon inspiration, logique pour moi puisque le sexe en fait toujours grandement partie mais je me questionne parfois sur d'autres manières de prendre plaisir à la vie, d'autres façons d'être valable, aimable etc...



Paradoxe d'une femme pseudo-libérée, "bonne qu'à cela", très peu pour moi.

Je me sens libre d'être aussi séduisante que possible mais quand je vois que cela aide à me faire « aimer » davantage, je ne me sens pas libre quand, pour obtenir de l'amour de l'attention, je n'ai pour seul moyen que mon pouvoir de séduction...

je me sens libre de pouvoir me servir de mon corps comme moyen d 'expression mais je ne me sens pas libre quand, à la fin, il me reste l'impression d'avoir eu une attention privilégiée grâce à cela. Une forme d'injustice prend place, cela n'ajoute ni ne retire rien à ma valeur réelle, ce n'est que le regard des gens qui me préoccupe au fond.

Je n'ai pas envie d'avoir à me cacher d'être ce que je suis, pour autant le progrès pour moi ce sera le jour où je ne me sentirai pas obligée de faire usage de mes charmes pour être considérée et que l'on ne me déconsidérera pas pour en avoir user.

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