samedi 10 décembre 2022

Credit Photos Anouchka Farland "Body Symphonie"

Body painting et crédit photo by Anouchka Farland


 Un après midi gris à Paris, j'arrive chez ce petit couple de modèles anonymes. Elle a vu les photos de la série "Body Symphonie" et voudrait bien quelque chose dans ce genre là. Pas de studio, pas de matériel compliqué, juste capter l'instant en lumière naturelle. J'essaye de m'appliquer sur les cadrages pour compenser le bruit, le grain, le manque de netteté...comment rendre la complicité visible en image? rendre visible l'émotion? à vous de me dire si j'y suis parvenue...

 

modèles anonymes, crédit photos by Anouchka






jeudi 8 septembre 2022

 

Les imberbes peuvent ils se mettre à poil?

Voudriez-vous des poils ou pas de poils en bas?

Le langage des poils comme expression de la personnalité.


Cela fait deux fois dernièrement que j’entends des mecs me dire

-"ha c'est cool, toi tu as gardé des poils, tu n'as pas cédé à la mode de la moule à zéro."


heu...ça dépend en fait, là il se trouve que c'est ainsi mais j'ai des périodes. Et pourquoi je décide de tout retirer? Pour voir comment ça fait, si cela m'irait bien, finalement pas tant que ça; alors je laisse mon ticket de métro que je crois intemporel alors qu'il est clairement la marque de l'époque dans laquelle ma chatte à grandi.


En tant que meuf, on a envie de tester vos réactions de mecs, on pense que cela sera apprécié, on se dit que cela doit avoir un coté pratique pour les cunis, pour faire plaisir aux obsédés de la peau lisse, que cela va de paire avec une hygiène irréprochable...tandis que d'autre diront "cela fait trop enfantin, on veux des femmes, pas des fillettes".


Il y a plus de dix ans, j'avais posé la question dans un sex-shop à Paris quel est le produit le plus vendu, le plus demandé...et c’était les vidéos des années 70 à ma grande surprise, celles ou les meufs ont des barbes entre les jambes. Le vendeur m'expliquait que c'était devenu rare donc convoité. Je me dit, tout comme un générique de dessins animés de notre enfance qui nous replonge dans l'époque sécure de l'insouciance de la jeunesse, la touffe de poil parle d'une époque qui nous apaise.


L'influence de la pornographie. (la minute parodique)


Une petite ligne fine au milieu? un V, un cœur, des strass, des paillettes, des tatouages, des piercings...

Personnalisation, customisation, tuning de votre chatte en tuto...

Votre chatte est le reflet de votre personnalité, répondez à notre test en ligne pour tout savoir, nos coach sont là pour répondre à toutes vos questions...photos avant/aprés, témoignage de membres satisfaits. (fin de la parodie)


Alors fait t'on cela pour faire concurrence à nos rivales virtuelles aux corps "parfaits"? Pour avoir l'air d'une pro? Pour vous faire plaisir? Pour nous plaire et nous sentir à la page, bien dans notre époque, "à la mode"?


Sociologie des poils pubiens.

Les poils pubiens à travers l'histoire contemporaine. (2000-2020)


La révolution du porno amateur

Madame tout le monde, la girl next door, la voisine qu'on croit reconnaître dans Jackie et Michelle...Naturelles, soignées, sophistiquées, il y en a pour tout les goûts, témoignage de la variété possible, surprise de la découverte.


Le porno chic

Les codes du "bon goût" lingeries fines, dentelles, perles, porte jarretelles, talons, matières nobles, physiques standardisés


Le gonzo

Pluie d'images, flot continu, abondance, profusion, lâcher prise possible par la saturation.


Le dark net

Le tabou, l'interdit, le choc de l'image sensationnelle, la virée border line, le risque du dégoût, l'envie d’adrénaline, le besoin de transgression comme ultime liberté.


L'apport des connaissances anatomiques sur le clitoris

Ma grand mère disait toujours : "quand on a pas de tete, on a des jambes", comme le clitoris. On apprécie les massages derrières les oreilles mais aussi derrière les genoux. Alors déja que trouver le clito c’était tout une affaire, comment penser qu'il existe une partie cachée...la rendre accessible, plus "visible", sans poils cela devient aussi évident que le nez au milieu de la figure.


et nos poils dans tout cela?


Pas la peine d'en faire tout un plat,

qu'en en ait ou pas

la question est un faux pas

car devant la femme qui avouera

son épilation pas mise à jour

je ne connais aucun homme qui

dirait "si c'est comme ça, je ne veux pas"


Faites les choses pour vous même avant tout,

On croit parfois à tord que cela correspond aux désirs de l'autre

alors que notre représentation du désir des hommes est passé par ce qu'ils ont laissé visible uniquement. N'y voyez aucune injonction, même si on vous demande "tu es toute lisse en ce moment?" vous êtes libre, libre, je répète encore une fois, nous sommes libre...


Faut il plaire aux hommes pour s'en sortir? Est ce encore un monde d'hommes?


Il est vrai que le même conducteur qui m'a arrosé cet hivers m'a laissé passer gentiment cet été parce que je porte un short. 

Il est vrai que tout mes entretiens avec des employeurs hommes se sont très bien passé.

Cependant le monde est plein de femmes qui me détestent de vouloir plaire aux hommes. Elles peuvent être moins courtoises en voiture, moins conciliantes au travail, leurs yeux semblent me dire parfois : "Who run the world? GIRLS!"

Alors finalement on pourrait dire oui et non, mais surtout non.

Plaire aux hommes ne peux pas être un but, nous plaire à nous même, sans narcissisme outrancier mais simplement pour pouvoir s'accepter, au milieu du regard des autres mais sans en être dépendant.

lundi 11 juillet 2022

 


Hier soir je suis sortie avec M. Comme souvent le samedi soir, il vient me chercher en voiture et nous allons dans "notre" club, notre repère depuis notre première rencontre.

Que j'aime cette période de l'année où les soirées restent douces pour ne mettre qu'une petite robe légère. Paris est grouillant de vie à cette heure-ci, 22h les rues et les terrasses sont pleines de jeunes gens souriants, d'amis qui se rejoignent pour faire la fête, depuis la rue on perçoit à l'entrée de chaque troquet son ambiance, sa musique, ses couleurs, ses rires.

Le trajet de chez moi jusqu'au club nous laisse juste le temps qu'il faut pour reprendre contact, se donner des nouvelles, depuis la dernière fois qui semblait déjà trop loin. Il est adorable en plus d’être mignon, juste à la bonne taille, j'adore sa voix, ses mains, sa bouche, tout chez lui est un délice à savourer. Il est attentionné juste ce qu'il faut pour que ce soit naturel, il a cette sincérité d’être lui même sans faux semblants ni arrière pensées. C'est la première fois que j'arrive a envisager une relation ouverte sans avoir peur, sans me sentir menacée.

Depuis notre première rencontre, nous sommes retourné au même endroit et chaque fois les soirées passées ensemble confirme la complicité grandissante entre nous.


La première fois nous nous étions installé dans un espace rond tout matelassé de cuir rouge avec des miroir sur la coupole, notre première fois à été d'une fusion incroyable, nous étions connectés des le premier contact de nos bouches. Son sexe est à ce moment là comme un totem devant lequel on se prosterne la bouche ouverte, ses mains savaient déjà comment faire, il s’était occupé de moi et m'avait rendu fontaine. Plus tard il m'avait dit que plein de monde était venu regarder.


La fois suivante on a commencé à se laisser charmer par une belle orientale venue nous rejoindre dans la pièce où l'on s'était "isolés". Elle est arrivée alors que je m'occupais de lui consciencieusement avec la langue. Belle brune au sourire malicieux, aux seins ronds et la peau velouté. Son mari est venu nous rejoindre et resta un long moment à regarder avant de m'aborder. Je savourais l'instant où nous pouvions nous occuper de mon complice elle et moi puis la voir monter sur lui et ne plus en pouvoir de recevoir un tel gabarit en elle.


La fois d’après nous n'avions pas chercher non plus, on avait commencé dans l'espace le plus ouvert où une grande banquette rouge fait promontoire au centre. Quelques couples nous entouraient déjà, j’avais échanger quelques caresses et baisers avec ma voisine qui se faisait lécher par son mec tête bêche avec moi qui me faisait lécher par le mien, il a comme à son habitude réussi à me rendre fontaine avant de me prendre, enfin. Plus tard il m'a confié avoir adoré faire cela devant tout le monde, voir la salle se remplir au fur et à mesure que mes cris s'intensifiaient.

Ce n'est que plus tard dans un coin où nous étions tout les deux qu'une femme fine à l'air très coquine avec ses lunettes, ses petits seins pointus nous a rejoint et plus tard son conjoint.


La dernière fois nous tenions à choisir nous même et je me suis lancée pour aborder une belle jeune femme au cheveux bouclés, la peau d’ébène, un corps de déesse antique, la bouche arrondie comme prête à embrasser. Ils nous ont suivi, elle et son mari, dans une pièce à l’écart. Nous avons commencé entre filles, elle s'est occupé de moi avec une douce volupté tandis que son conjoint respirait au dessus d'un flacon de poppers. Ils parlaient une autre langue, italien peu être...


Ce samedi, nous étions monté à l'étage directement après la douche, hésitant à prendre un verre, on voulait juste jeter un coup d’œil. Dans la grande salle quelques couples font l'amour dans l’espace arrondie que nous avions choisi la première fois. D'autres sont debout adossés aux banquettes et regardent ou attendent. Nous passons prés des petites salles et sommes retenus devant l'une d'elles où il y a beaucoup de bruit et beaucoup de monde, je n'arrive pas bien à distinguer ce qu'il se passe à l'intérieur mais j’entends quelqu'un lancer -"venez c'est journée porte ouverte aujourd'hui" on se marre, et repartons faire notre deuxième petit tours lorsqu'on croise un couple, le seul que j'avais repéré dans la grande salle que j’avais trouvé à mon goût. Lui les cheveux mi long châtain clair doré coiffé en arrière, une allure de surfeur, plutôt musclé fin. Elle charmante blonde lisse jusqu' aux épaules, des seins naturellement beau, une allure de peinture de Mucha comme allégorie du printemps traversant les champs de blés, les bras chargés de fruits.

Ils s'étaient installés dans une salle, elle a califourchon sur lui, le miroir me rendait le reflet de ses jolis fesses et sa cambrure féline.

Mon complice hésite moins longtemps que moi et demande si on peux entrer, on s'installe prés d'eux, elle se tourne vers moi et m'embrasse, nos mains explorent les courbes l'une de l'autre. Prises dans le tourbillon de sensations je l'a laisse descendre entre mes jambes et entreprendre de me faire jouir.

Elle me confie lorsque je suis trempée à son partenaire tandis que M commence à s'occuper d'elle. Au milieu des vagues de plaisir je perçois tout les éléments sonores autours de moi, plus loin dans les pièces voisines les cris s'intensifient, ma belle complice lâche des -"ho putain" de plus en plus sonores au rythmes des "floch floch" que fait sa chatte sous les mains expertes de mon complice.

Je suis enlacée dans les bras d'un beau jeune homme inconnu, il me respire, me caresse tendrement et me serre contre lui, il fait connaissance sans précipitation. J'aime sa manière d'embrasser et de me toucher, il s'applique à me faire plaisir quitte à me faire perdre mon souffle. M demande à ma voisine -"encore?" Oui souffle t'elle, deux , trois, quatre ou cinq fois avant qu'enfin il ne la pénètre et qu'elle continue de ponctuée la progression de son sexe en elle par des "ho putain" et des gémissements de plaisir.

T me demande alors que je m'occupe de lui de m’asseoir sur son visage, chose que je ne consent pas facilement pourtant là j'ai envie et je m'installe au dessus de sa bouche. Nous restons ainsi un moment suspendu hors du temps où seul les gémissements de C et ses "floch floch" à répétition emplissent l'éternité. T me demande s'il peux me pénétrer avant de prendre des capotes. Il s’installe en moi et ses coups de rein bien mesurés, au début doux comme un glissement dans l'infini, sont de plus en plus francs et rapides de manière à me remplir, il me demande de me mettre à califourchon sur lui et je crois bien qu'il a fini par jouir.

M et C se câlinaient en nous regardant. Nous allons sous la douche avant de descendre au bar prendre un verre et discuter un peu avant de remonter.

Nous faisons un tour et en passant devant la même salle que les journées portes ouvertes de toute à l'heure, nous voilà alpaguer par un dodu qui propose à qui veux, de la faire gicler en moins de 10 secondes, nous rions et déclinons l'offre. Nous trouvons un coins libre et nous y installons.

C en face de moi avec T derrière elle et M derrière moi, à nous embrasser, nous toucher, instant magique entre tous. C et moi nous occupons de M avec nos langues nos bouches nos baisers qui s’entremêlent sur sa queue gonflée à bloc. T s'est mis derrière sa belle en levrette et appuie avec sa main sur la nuque pour qu'elle s’applique, je lui dégage les cheveux et nous regardons avec délice la bouche et la chatte de C se faire remplir de tout cotés. Je lèche Math et embrasse C, lui caresse les seins et fait rouler ses tétons tendus entre mes doigts, mon autre mains entoure le sexe dégoulinant de Math qui entre et sort de la bouche de C qui gémit.


Quatre mois que l'on sort ensemble, il reste celui que je veux revoir par dessus tout. Comme j'aime ces instants de partage dans la confiance. L'impression que c'est de mieux en mieux à chaque fois.









samedi 29 janvier 2022

Récit de "la balançoire"

  


C'était l'époque où je posais, j'étais contactée par des personnes qui avaient vu mes photos sur le net et me proposaient des choses. Une fois, c'était un duo de mecs dont l'un était encordeur et l'autre photographe. Je ne les connaissait que d’après leur page respective sur le net, un aperçu de leur "travail". Le rendu spectaculaire m'avait intriguée et donné envie d'entrer dans cet univers.

On avait échangé quelques mots, fait un plan général de comment la séance se déroulerait :

En extérieur, prés d'un plan d'eau, pas de nus ni de suspensions pour commencer. Ambiance romantique dans le style printemps japonais.

J'avais très envie de trouver un encordeur plus lumineux que celui qui m'avait initiée.

La première expérience trop ténébreuse pour me donner envie d'y retourner m'avait laissée un nefs coincé. Toute les questions médicales et précautions comme être accompagnée, avoir des ciseaux, n'avaient pas suffi à éviter une sensation de mort imminente lorsque par surprise je me suis retrouvée suspendue nez au sol les pieds en l'air.

Emmanuel dégageait quelque chose de rassurant, son allure de dandy peut-être : chaussures élégantes, petites lunettes fines au bout du nez, ses propos mesurés, posés. Il n'hésitait pas à vous sonder du regard. J'ai été tout de suite troublée, attirée.

Son entente avec Olivier le photographe participait à mettre une ambiance amicale.

Nous avions rendez vous à la sortie d'une gare, pour monter dans une voiture et aller dans un petit coin de nature. J'avais ramené de quoi me changer, ne pouvant porter ma petite robe beige transparente dans les transports en commun...encore moins avec des portes jarretelles en dessous.

Arrivés sur place, chacun s'affère à son matériel, Olivier fait ses réglages lumières, Emmanuel sort ses cordes tandis que je me change à peine cachée derrière un arbre. Heureusement les seuls passants se trouvent de l'autre coté du point d'eau.

Tout est en place, enfin presque. Il reste à m'encorder et me placer dans le décor.

On choisi le spot, Emmanuel s'approche en plongeant ses yeux dans les miens, son regard me transperce et je me sens déjà toute chose...fébrile, prête à me livrer.

 

crédit photo Olivier Parent

crédit photo Olivier Parent

Ses mains commencent à œuvrer et je pars aussitôt dans un autre monde, un endroit jamais atteint même en plein en méditation. Tout mes sens sont en éveil, je respire l'air frais des sous bois par la peau de mes cuisses, de mes fesses brûlantes exposées à la brise. Je ne suis plus que respiration lorsque sa peau effleure la mienne, contraste avec la corde rêche qui m'enserre.

Comprimée et à l’abri de la réalité, muette je supplie en plissant les yeux, qu'il passe sa main entre mes jambes. La tension du désir m'électrise. Mais il savoure sa victoire sans en profiter, me laisse haletante lorsqu'il me dépose à l'endroit choisi pour prendre la pose. 

 

crédit photo Olivier Parent
crédit photo Olivier Parent

Les photos sont superbes, les lumières le décors, la tenue, la pose, et mon air ingénue à son paroxysme. J'adore! On est tous enthousiastes et poursuivons vers une allée arborée pour créer un effet de perspective en arrière plan.

L'entente est parfaite, Olivier en voyeur très discret nous laisse carte blanche. Emmanuel me propose une semi-suspension, avec un appui au sol. Il réfléchi à comment réaliser une sorte de baudrier dans lequel je serais assise. Il verrait bien une de mes jambes repliée, tenue par les cordes.

Je lui répond par un sourire, des étincelles plein les yeux.

Il passe ses bras autour de ma taille pour mettre la corde en ceinture, s'abaisse accroupi sans cesser de me dévisager et m'enserre le bassin, s'enroule sur ma cuisse...passe son avant bras entre mes jambes pour tirer le bout de cordes filoché contre ma peau fine, presque moite à cet endroit.

Il se relève et en tirant un peu vient resserrer le tout et les cordes impriment leur tissage dans ma chair. Je suis le flot sanguin qui afflue et me donne très chaud. Il glisse ses doigts entre la corde et ma peau de la cuisse pour vérifier que cela ne sert pas trop...il va faire le tour, il va passer entre mes jambes...il me trouble, m'effleure à peine, juste l'instant suffisant pour vérifier que je suis trempée.

À ce moment, bien sur il s'éloigne...je suis à bloc, prête à poser.

Je me tortille sur la corde, je sens qu'il m'en faudrait peu pour partir.

Le baudrier est tellement confortable que toutes sensations douloureuse se transforme en stimulation sensuelle. J'ai l'impression que les cordes sont un prolongement de ses mains et qu'il me tiens comme une perle dans une coquille, grain de sable s'enroulant dans la nacre...

Je lève ma jambe du sol, dirigée à travers mon voyage cosmique par la voix d'Olivier qui fait des suggestions. Et me voilà suspendue, à faire l'amour à une corde au milieu de la foret, devant deux hommes rencontrés à peine deux heures auparavant.


crédit photo Olivier Parent

crédit photo Olivier Parent

crédit photo Olivier Parent








lundi 15 juin 2020

"Nudité intense"


Frederick avait l’œil alerte et la bouche entre-ouverte sur un sourire effrayant de perversité lorsqu'il passait avec régularité la lame de son "coupe-choux" comme il aimait l'appeler, sur la pierre à affûter. Ses dents blanches et brillantes scintillaient, l'étincelle passait brièvement sur l'iris de son œil plus ouvert que d'ordinaire. Il avait l'air de réfléchir à ce qu'il allait faire et comment m'intriguer, me faire peur. Je n'osais à peine penser que l’affûtage de cette lame me fut un jour destiné. C'est qu'il savait comment induire et introduire d'abord en moi ses pensées pour me faire croire qu'elles avaient germé d’elles-mêmes sans qu'un habile jardinier ne les ait cultivées.

Dans cette chambre verte, les murs sont tapissés de papiers peints aux motifs de bambous et nénuphars. J'étais allongée sur le grand lit encastré dans un coin, en face d'une fenêtre ouverte sur un grand laurier, ses branches où se cachaient des merles chanteurs, entraient presque à l'intérieur de la maison lorsqu'on ouvrai les volets. Les yeux rivés sur le plafond, j'attendais avec appréhension le contact de la lame sur la partie la plus vulnérable de mon corps. Pourquoi m'étais-je laissée convaincre? Comment avais-je pu céder, confiante dans la prudence ou inconsciente du danger? Avais-je vraiment besoin de frissonner, de prendre le risque de lui en vouloir à jamais si par une malheureuse maladresse il m'avait entaillé? 

La question de la pilosité se posait à chaque fois que je savais que l’œil ou la langue allait s'approcher un peu trop près, au point de fouiller dans les moindres recoins. Alors la crainte de déplaire, car tout devait être impeccablement taillé au cordeau, millimétré, graphique et symétrique pour être digne d’intérêt. C'est presque toujours un sentiment de pudeur honteuse lorsque je sais qu'une fois mes sous-vêtements retirés, seront visibles mes petits poils poussant de manière anarchique. Il n'y a qu’après des mois de vie commune que cela ne compte presque plus et qu’indifféremment du moment de la repousse, toutes les pratiques sont permises.

Justement, cette fois j’étais en période de jachère, ne m'étant pas préparée pour l'occasion mais ne sachant refuser l'opportunité d'un moment câlin lorsqu'elle se présente, je profite de la vie en saisissant chaque instant comme si c’était le dernier au risque de passer pour une fille sans vertu ni dignité. Qu'importe, je vis. Il avait préparé son matériel comme un barbier, toujours avec ses yeux pleins de malice, il contemplait mon entre-jambe où se dessinait la ligne entre-ouverte de mon sexe offert à ses talents d'explorateur. C'est à peine s'il n'avait pas mis sa lampe frontale comme pour partir en mission de spéléologie. Il commença par poser sa main toute entière, mouillée d'eau chaude sur l'ensemble de ma vulve avant de mélanger les poils glissants de mousse à raser du blaireau aux miens ne se doutant pas qu'ils ne pourraient bientôt plus pousser d'avantage. La chaleur humide me dilatait et je m'ouvrais. Délicat passage et abondance de mousse blanche dans laquelle mon clitoris timide disparaissait. Mes poils telle une petite forêt de sapins sous la neige s'arrondissaient et se courbaient sous les passages répétés du blaireau que Frederick s'amusait à faire tournoyer. 
Le moment fatidique arrivait : celui où la lame se poserait de biais et raclerait tout ce qui dépasse de l'épiderme. J'avais véritablement peur. Je pensais à l'excision, aux fois où en me rasant les jambes avec un rasoir neuf, j'avais éraflé mes genoux et comme le sang était rapide à couler en goûte continue traçant une ligne sinueuse vers le carrelage de la douche en s’effilant dans l'eau. 
Il serait fâcheux de penser que n'importe qui, arrivant avec une lame à la main, me donnerait envie de vivre cela. Le jeu avec la peur ou le danger était possible parce la relation de confiance pré-existait au risque et non l'inverse. 
Frederick passait par petits gestes précis, sans trop appuyer, avec tout juste ce qu'il faut d'angle pour dégager la peau lisse. J'entendais le crissement des poils sous le métal coupant, puis les clapotis de l'eau lorsqu'il rinçait sa lame et j'osais alors seulement à ces moments là, respirer un peu. Il maîtrisait, passant avec délicatesse du mont de venus aux grandes lèvres, redescendait lentement jusqu'à l'anus. Je fus assez vite toute lisse, encore plus imberbe qu'avant ma puberté, je me sentais dénudée et offerte comme jamais. L'eau me semblait brûlante, glissante de mousse à raser mêlée des fluides produits par mon corps, les gouttelettes humides perlaient sur la serviette posée sous mes fesses. Ma peau semblait respirer l'air frais comme s'il soufflait dessus, réveillant quelques contractions et gémissements au passage de savoir sa bouche si près du but. J’étais prête, rassurée autant qu'excitée que le jeu se termine et que d'autres contacts puissent enfin commencer.
Texte écris dans le TGV le 7 juin par Anouchka avec l'aimable relecture et correction d'Eric, Sonia Saint Germain et Kilt Chris.